Monde

La presse s'acharne-t-elle trop sur Angela Merkel?

Temps de lecture : 2 min

Angela Merkel, le 7 mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch.
Angela Merkel, le 7 mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch.

Angela Merkel a mauvaise presse. Pas un jour ne passe ces derniers temps sans que la presse internationale ne consacre un article à la «dame de fer» qui terrorise l'Europe avec sa politique d'austérité. Les unes de la presse satirique grecque la grimant sous les traits d'Hitler ont fait le tour du monde, tout comme celle du magazine politique britannique New Statesman, qui la montrait en juin sous les traits de Terminator, sous le titre provoc «Le plus dangereux leader d'Europe».

Le magazine Time en a remis une couche la semaine dernière avec un portrait pleine page de la chancelière allemande sur lequel s'étale le titre «Pourquoi tout le monde aime détester Angela Merkel». Mais c'est pour mieux voler à son secours, le magazine américain estimant que quoiqu'elle fasse, on la condamne. Autrement dit, Merkel serait devenue une sorte de tête de Turc sur laquelle on aime se défouler.

L'article n'a pas échappé au quotidien Die Welt, qui regrette qu'il s'agisse d'une exception dans une presse internationale qui critique unanimement Merkel, et déplore que ce sujet ne soit pas paru aux États-Unis, «où le prix Nobel d'économie Paul Krugman, keynésien et ennemi de Merkel, continue de donner le ton dans le New York Times et sur son blog».

«Ces derniers mois, il y a eu très peu de voix qui ont appelé à avoir de la compréhension pour l'Allemagne dans les médias d'opinion internationaux. Au lieu de ça domine ce que Peter Ross Range, qui connaît bien l'Allemagne, appelle dans les colonnes du Washington Monthly "une réthorique anti-allemande bon marché"», déplore Die Welt.

L'attitude de Merkel est pourtant de plus en plus critiquée par les Allemands eux-mêmes. La semaine dernière par exemple, 180 économistes germanophones ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils déclarent que «les décisions que la chancelière s'est trouvée contrainte de prendre lors du sommet européen étaient mauvaises», celles-ci faisant selon eux courir de gros risques aux pays les moins endettés.

Plus prosaïquement, l'hebdomadaire Stern se demande comment Merkel, que la presse surnomme «le manager de la crise», réussit à tenir le coup, son emploi du temps ayant ces dernières semaines des allures de «marathon de la crise». La chancelière ne prendrait pas de médicaments, ni d'alcool, de café ou de sucreries:

«Angela Merkel ne serait pas un surhomme d'après son entourage, mais dotée d'une santé robuste. Elle peut rester longtemps éveillée en ayant peu dormi. Mais elle saurait avant tout évacuer son stress en peu de temps et faire le plein d'énergie, qu'elle stocke ensuite "à la manière d'un chameau".»

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