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Jo-Wilfried Tsonga, dernier obstacle entre Murray et l'Histoire

Grégoire Fleurot, mis à jour le 06.07.2012 à 13 h 56

Jo-Wilfried Tsonga après sa victoire face à Philip Kohlschreiber en quart de finale de Wimbledon le 4 juillet 2012, REUTERS/Toby Melville

Jo-Wilfried Tsonga après sa victoire face à Philip Kohlschreiber en quart de finale de Wimbledon le 4 juillet 2012, REUTERS/Toby Melville

Si vous êtes britannique et que vous ne savez pas qu’Andy Murray affronte ce vendredi 6 juillet le Français Jo-Wilfried Tsonga pour une place en finale de Wimbledon, c’est que vous habitez sur une île déserte. L’Ecossais a l’occasion de mettre fin à une incroyable malédiction en devenant le Premier britannique à accéder à la finale du mythique tournoi depuis 74 ans et un certain Bunny Austin, de quoi mettre en ébullition les médias du pays, connus pour mettre une grosse pression sur les épaules des sportifs locaux.

Preuve de l’attente de tout un peuple, le Sun rapporte que les places pour le match s’arrachaient jusqu’à 4.000 livres (plus de 5.000 euros) à la veille du match sur le site Viagogo.com. Le directeur de l’agence en ligne estime que les prix pourraient atteindre 45.000 livres en cas de qualification de Murray pour la finale.

Le Daily Mail, qui n’est pas vraiment connu pour la profondeur de ses articles, sait en revanche se montrer divertissant, et consacre un article à l’obstacle qui sépare le pays de la liesse collective: Jo-Wilfried Tsonga. Apparemment surnommé «Le Muscle from Le Mans» (un sobriquet que le journal semble bien avoir inventé lui-même aujourd’hui), Tsonga inquiète le Daily Mail par sa musculature, «qui éclipse même les tablettes de chocolat de l’Ecossais, pour lesquelles celui-ci a pourtant souffert».

Le tabloïd semble légèrement obsédé par le physique de Tsonga («Vu son physique impressionnant, il n’est pas surprenant qu’il lui arrive souvent d’enlever ses vêtements») et propose une magnifique photo du Français nu sur des rochers prise à l’occasion d’une campagne caritative. Le journal livre une analyse hautement technique des faiblesses du joueur:

«Selon une source sportive française, sa copine, la blonde Charlotte Deon [photo à l’appui bien évidemment], ne l’accompagne pas à Wimbledon, ce qui signifie que l’amour [en français dans le texte] n’est pas au menu.»

Mais la plupart des médias insistent sur la grande question du jour: Murray réussira-t-il à vaincre l’incroyable pression populaire et médiatique qui a eu tant de fois raison de Tim Henman, éternel loser du tennis britannique qui a échoué quatre fois en demi-finale à Wimbledon. Murray en est à sa… quatrième demi-finale également, comme le rappelle le Guardian. «J’ai entendu parler tant de fois de Fred Perry [dernier Britannique à gagner le tournoi) et Bunny Austin, je serais bien content que ces discussions s’arrêtent», a déclaré Henman, surnommé «The Nearly Man» (L’homme du presque), qui est aussi un proche de Murray.

Murray pourrait aussi en profiter pour se réconcilier définitivement avec une partie du public britannique, qui ne le soutient pas autant qu’Henman à son époque à cause de déclarations anti-anglaises faites au début de sa carrière et de son caractère parfois capricieux.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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