Culture

47 nouvelles fins pour l'Adieu aux armes d'Hemingway

Temps de lecture : 2 min

Ernest Hemingway/TonynetoneVia FlickrCC Licenceby
Ernest Hemingway/TonynetoneVia FlickrCC Licenceby

Vous pouvez désormais choisir votre fin préférée à l’Adieu aux armes d’Hemingway.

L’auteur avait admis avoir réécrit 39 fois les dernières lignes de son roman de 1929 «avant d’être complètement satisfait».

Le New York Times rapporte que son éditeur Scribner publie une nouvelle édition comportant en réalité 47 brouillons des dernières lignes. Jamais ces manuscrits n’avaient été disponibles au grand public jusqu’ici selon l’éditeur.

Cette nouvelle publication est le fruit d’un accord entre les ayants droit d’Hemingway et Scribner, qui appartient maintenant au leader Simon and Schuster. Son petit fils Seán soutient cette initiative.

«Je pense que les gens qui s’intéressent à l’écriture et veulent eux-mêmes devenir écrivains trouveront intéressant de regarder un travail génial et d’avoir un aperçu sur comment cela a été fait.»

Depuis 1979, les brouillons étaient conservés à la collection Ernest Hemingway du musée et bibliothèque présidentielle John F. Kennedy de Boston.

En plus de la fin d’origine où le héros rentrait à l’hôtel sous la pluie après la mort en couches de sa femme, Scribner propose 47 fins longues d’une phrase ou plusieurs paragraphes. La fin numéro 1 se conclut sur ces mots:

«C’est tout ce qu’il y a à dire de cette histoire. Catherine meurt et je vais mourir et c’est tout ce que je peux vous promettre.»

Le New York Times cite aussi la fin numéro 7:

«Il n’y a pas de fin à part la mort et la naissance est le seul début.»

La 34e proposition venait en fait d’une idée de Fitzgerald selon qui le monde «casse tout le monde» et «ceux qu’il ne casse pas il tue».

«Il tue le très bon et le très doux et le très courageux subjectivement. Si vous n’appartenez à aucune de ces catégories vous pouvez être sûr qu’il vous tuera aussi mais sans se presser.»

En 1943, Hemingway avait d’ailleurs écrit à son éditeur que Fitzgerald «a voulu que je change la fin pour son idée idiote et j’ai refusé», raconte Time.

Cette nouvelle édition est aussi complétée par des copies du manuscrit d’Hemingway et une autre série de titres. Le chef d’œuvre semi-autobiographique aurait ainsi pu s’appeler «L’Amour en tant de guerre» ou «Des cicatrices et autres causes».

«C’est un des auteurs les plus importants de l’histoire américaine, explique l’éditrice de Scribner Susan Moldow. Heureusement ou malheureusement, l’on doit continuer à le remettre au goût du jour ou alors les gens y perdront tout intérêt.» Cette nouvelle édition viserait donc notamment à remettre en valeur l’image d’Hemingway, quelque peu écornée par la biographie de Paula McLain The Paris Wife ou le film de Woody Allen Midnight in Paris où il apparaissait comme un alcoolique bravache.

Newsletters

«La femme qui s'est enfuie», trois pas vers la perfection

«La femme qui s'est enfuie», trois pas vers la perfection

Entièrement construit autour de personnages féminins, le nouveau film de Hong Sang-soo invente une nouvelle tonalité à son exploration délicate, parfois cruelle et souvent drôle, des mille brins d'émotion qui tissent l'existence quotidienne.

Covid-19 et amours à distance: trois conseils pour bien gérer sa relation aux écrans

Covid-19 et amours à distance: trois conseils pour bien gérer sa relation aux écrans

Un amour peut-il durer et se fortifier uniquement au travers d’un quotidien rythmé par le virtuel? C’est la question que pose, avec subtilité et émotion, A cœur battant, le film de la réalisatrice israélienne Keren Ben Rafael, qui sort le 30 septembre sur les écrans.

Il y a vingt ans, Lunatic plongeait le rap français dans le noir

Il y a vingt ans, Lunatic plongeait le rap français dans le noir

L'unique album du duo, «Mauvais Œil», célèbre ses 20 ans. L'occasion de rappeler que ce classique est né d'un long cheminement de violence musicale et de marketing hors des codes.

Newsletters