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Les filles sont meilleures que les garçons dans les disciplines «masculines»

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 05.07.2012 à 12 h 03

Des étudiantes en médecine à la Havane en mars 2010. REUTERS/Desmond Boylan

Des étudiantes en médecine à la Havane en mars 2010. REUTERS/Desmond Boylan

Selon une étude relayée par le Telegraph, de nouveaux chiffres montrent que les adolescentes sont plus susceptibles d’obtenir de bonnes notes dans des cours pratiques destinant à des professions au sein d’industries traditionnellement dirigées par des hommes. Cette étude, réalisée par Pearson, premier éditeur mondial, fait état d’un fossé grandissant entre les sexes.

«Selon ces chiffres, les filles sont en tête dans la plupart des disciplines dès l’âge de 5 ans, et le fossé ne cesse ensuite de s’agrandir au fur et à mesure des études obligatoires.»

L’an dernier, environ 62% des filles ont obtenu de bons résultats dans au moins cinq matières de l’équivalent britannique du brevet. Contre seulement 55% des garçons. Au moins un garçon sur 10 a également échoué dans l’obtention d’au moins un C (passable) à l’âge de 16 ans –soit un taux d’échec deux fois supérieur à celui des filles du même âge.

D’autres chiffres confortent l’idée selon laquelle les filles deviennent meilleures dans l’ensemble des domaines, y compris dans les filières technologiques, comparées aux filières générales.

Le président de Pearson, Rod Bristow, a déclaré:

«J’espère que ces chiffres donneront à davantage de filles la confiance nécessaire pour envisager des carrières dans le monde des affaires, de la construction, et de l’ingénierie, et les percevoir comme accessibles.»

Cette étude est publiée alors que les parlementaires britanniques s’inquiètent du niveau d’alphabétisation des jeunes citoyens mâles: ceux-ci ont du mal à développer un amour pour la lecture à l’école primaire. Un garçon sur cinq en Grande-Bretagne perçoit la lecture comme «un passe-temps féminin», et pense que la lecture donne l’air «ennuyeux» et vous ferait passer pour un «geek». «Raison pour laquelle [les garçons] sont à la traîne dans leurs études», selon Business Insider qui fait état du problème.

En France, où la réussite des filles à tous les étages du système scolaire est tout aussi incontestable (les filles sont en tête pour l’obtention du bac général, de la licence, et des masters, elles essuient moins de redoublement, etc.), le problème n’en reste pas moins qu’elles choisissent moins les filières scientifiques, puis les masters promettant à des emplois mieux rémunérés et plus à responsabilité. En 2011, Monique Dagnaud écrivait sur Slate:

«Les femmes s’engagent dans les filières à moindre potentiel pour acheminer vers les carrières de haut niveau. Là où les garçons conservent une longueur d’avance, hier et encore aujourd’hui, c’est par l’investissement dans les sciences et l’option pour le fameux bac S, sésame des classes préparatoires scientifiques, économiques et commerciales (…). Et oui, les filles, le tout n’est pas de grimper, mais d’emprunter le bon itinéraire. Or au pays de Descartes, la discipline auréolée de tous les prestiges, le critère de détection des “têtes bien faites”, c’est sa majesté LA mathématique».

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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