Monde

Les douleurs chroniques seraient seulement dans la tête

Ludivine Olives, mis à jour le 04.07.2012 à 12 h 40

Solar Eclipse Through Brain Scan/ indi.ca via FlickrCC Licence by

Solar Eclipse Through Brain Scan/ indi.ca via FlickrCC Licence by

Depuis cette chute il y a quelques années, vous continuez à avoir souvent mal au dos. Les médicaments vous soulagent quelques temps, puis la douleur revient. Et si cette souffrance était… dans votre tête?

Une étude a été réalisée afin de déterminer pourquoi, à la suite d’un même accident ou choc chez deux personnes, l’une cesse d’avoir mal au bout de quelques jours et l’autre développe une douleur chronique à vie. La neuroscientifique Vania Apkarian de Northwestern University (Chicago) a mené l’expérience. Elle explique au Huffington Post:

«C’est vraiment la première fois que, si deux sujets ont le même type de blessure depuis le même laps de temps, nous pouvons prédire lequel va développer une douleur chronique.»

L’équipe a commencé l’étude avec trente-neuf personnes qui souffraient de douleur au dos depuis un à quatre mois. L’année suivante, les patients ont passé quatre scanners du cerveau à intervalles réguliers. En décembre, vingt personnes ne ressentaient plus rien quand dix-neuf continuaient à souffrir.

Les scanners ont révélé des différences dans le cerveau présentes dès le départ entre les deux groupes de personnes. Les patients dont la souffrance a rapidement disparu ont présenté une connexion entre le cortex préfrontal et le noyau accumbens défaillante. Ceux qui ont développé une douleur chronique avaient, au contraire, une excellente connexion.

Lors d’une interview au le LA Times, Vania Apkarian a expliqué:

«Le noyau accumbens est relatif au sens des valeurs, au  jugement et à la motivation. Le cortex prefrontal  est impliqué dans la douleur aiguë et chronique.»

Les scientifiques pensent qu’un lien solide entre ces deux parties du cerveau pourrait indiquer au cerveau de développer des douleurs chroniques.

Ils ont également découvert que les patients dont la souffrance ne s’est pas effacée au fil du temps ont perdu beaucoup plus de neurones que des personnes saines.

Ces résultats, publiés dans Nature Neuroscience, permettraient dans un premier temps de déterminer quel type de patient risque des douleurs chroniques. A long terme, des médicaments pourraient voir le jour permettant de «détériorer» la connexion du cerveau concernée.

Ludivine Olives
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