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Comment Romney ne paye presque pas d'impôts

Temps de lecture : 2 min

Mitt Romney/GageSkidmore via FlickrCC Licence by
Mitt Romney/GageSkidmore via FlickrCC Licence by

Mitt Romney ne fraude pas le fisc. Il le contourne pour payer le moins d’impôts possibles. C’est ce que révèle Vanity Fair dans une longue enquête consacrée à la fortune du candidat républicain à la Maison Blanche.

Longtemps, Romney avait refusé de dévoiler combien il payait d’impôts. Il a dû céder cette année publiant ses déclarations des deux dernières années, comme le rappelle The Nation. Les électeurs américains avaient ainsi découvert que Romney n’avait payé que 6,2 millions d’impôts en 2010 et 2011 sur ses 42,5 millions de revenus, soit un peu moins de 15% –largement moins que la somme dont les Américains moyens doivent s’acquitter.

Plusieurs investissements sont reprochés à Mitt Romney, notamment ses comptes offshores aux îles Caïmans. VF rappelle que pendant la campagne des primaires républicaines, ses comptes à l’étranger avaient déjà été pointés du doigt par son adversaire Newt Gringrich.

«Comme Newt Gringrich l’avait dit pendant les primaires, “je ne connais aucun président américain qui a un compte en Suisse”. Mais Romney en possède, et aussi d’autres intérêts dans des paradis fiscaux comme les Bermudes ou les îles Caïmans.»

Officiellement retiré de son fonds d’investissement Bain Capital depuis 1999, Mitt Romney aurait touché deux millions de dollars de la part de Bain. Sur les 138 fonds que la compagnie possède dans les îles Caïmans, il aurait des intérêts dans au moins douze.

Toujours à propos de ces comptes offshore, difficile de savoir exactement quels investissements le candidat y a réalisés. Il a ainsi fondé en 1997 une compagnie aux Bermudes, qu’il a ensuite transférée à sa femme en 2003, la veille de son investiture comme gouverneur du Massachussetts. Jusqu’en 2010, cette entreprise n'apparaissait pas sur ses déclarations d’impôt.

«Même après avoir étudié cette déclaration, nous n’avons aucune idée de ce qu’il y a dans cette compagnie, mais elle pourrait avoir beaucoup de valeur, ce qui signifie qu’il est probable que la fortune de Romney soit encore plus importante que prévu

De même, un compte en Suisse d’une valeur de trois millions de dollars, apparaît sur sa déclaration de 2010, mais a disparu en 2011. Ce qui pousse le journaliste à s’interroger: combien de comptes offshore Romney a-t-il possédé par le passé? Pariait-il contre la valeur du dollar? Et surtout, comment ces intérêts financiers pourraient affecter sa politique en tant que Président?

Si la légalité des investissements de Romney n’est pas remise en question, c’est plutôt la probité d’un candidat qui fait de son expérience de businessman un atout dans la campagne présidentielle qui lui est reprochée.

Un argument qui se retourne en faveur d’Obama qui accuse les riches de ne pas suffisamment payer leur part.

Pauline Moullot Journaliste

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