Économie

En Iran, l'inflation bat des records, mais les ventes de Porsche aussi

Temps de lecture : 2 min

Central Bank of Iran, Teheran Enssie & Matthias via Flickr CC License by
Central Bank of Iran, Teheran Enssie & Matthias via Flickr CC License by

La crise économique ne touche pas que l'Europe. En Iran aussi, l’inflation est galopante, rapporte le New York Times.

Ce sont les sanctions internationales à l’égard du pays qui font augmenter drastiquement les prix. Et la situation ne devrait pas s’arranger cette semaine, après les nouvelles mesures internationales destinées à bloquer l’exportation de pétrole, la principale source de revenus du pays. Le rial, la monnaie locale, a ainsi perdu près de 50% de sa valeur en un an.

Comme le note le Financial Time, le prix du poulet est un bon indicateur pour avoir une idée de comment les sanctions internationales affectent les Iraniens ordinaires. Ainsi, un retard dans l’importation des stocks d’alimentations, résultant des sanctions, a fait augmenter le prix du poulet de 30% durant la seule dernière semaine. Le blé a lui augmenté de 55,8%, les fruits de 66,6% et les légumes de 99,5%.

La crise touche tout le monde. Azaam, une femme au foyer de 32 ans se retrouve obligée de travailler:

«Mener une vie normale est devenu difficile pour les gens ordinaires. C’est devenu tellement dur que mon mari ne peut plus payer pour notre vie ordinaire tout seul et je doit chercher du travail.»

Officiellement, la Banque centrale iranienne donne un chiffre d’inflation de 22,2%, mais les économistes estiment que ces chiffres sont largement sous-estimés.

Augmentation des ventes de Porsches

Pourtant, au premier abord, Téhéran semble n'avoir pas changé. Une ville dans laquelle Porsche a vendu plus de voitures que n’importe où au Moyen-Orient en 2011. Les parkings sont propres, les supermarchés sont remplis de produits importés et les SDF plutôt rares.

Mais, comme l’explique Hossein Raghfar, un économiste iranien de l’université Al Zahra, l'augmentation des ventes de voitures est un signe que l'économie va mal:

«Le fait que toutes ces Porsches soient vendues ici est un indicateur que certaines personnes profitent de la mauvaise économie. Tout le monde a commencé à magouiller, dans le but de générer plus de revenus. Tout le monde spécule.»

Si l’Iran est particulièrement touché par les sanctions internationales, les économistes considèrent qu’une partie de la mauvaise santé de l’économie est due au pays lui-même. Le gouvernement Ahmadinejad a en effet importé énormément de biens de l’étranger à partir de 2005, dépensant presque tous les revenus du pétrole.

Fabien Jannic-Cherbonnel

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