Monde

Pour une Déclaration des libertés sur Internet

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 03.07.2012 à 10 h 24

computer chaos / narghee-la via FlickrCC License by

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Aux Etats-Unis, une centaine d'entreprises et d'associations viennent de signer une «Déclaration des libertés sur Internet». Le but: forger une vision pour l'avenir du Réseau et échapper aux menaces qui pèsent sur «la plateforme de communication la plus importante existante à ce jour».

Cette Déclaration, publiée ce lundi 2 juillet vise la reconnaissance des «communautés, industries et nations» pour assurer un «Internet libre et ouvert». Elle comprend cinq principes fondamentaux:

  • la liberté expression: «Internet ne sera pas censuré».
  • la liberté d'accès: «Un accès universel et rapide et des réseaux abordables seront promis»
  • l'ouverture: «Internet sera maintenu en tant que réseau ouvert, auquel chacun est libre de se connecter, et sur lequel chacun peut communiquer, écrire, lire, visionner des vidéos, parler, écouter, apprendre, créer et innover».
  • l'innovation: «La liberté d'innovation et de création sans permission sera protégée. Les nouvelles technologies ne seront pas bloquées, ni les innovateurs punis pour l'utilisation que les Internautes feront de leurs inventions».
  • le droit à la vie privée: «La vie privée sera protégée et la capacité de chacun de contrôler ses données et l'usage de ses appareils sera défendue».

Dans un manifeste accompagnant cette Déclaration, les représentants de la New America Foundation’s Open Technology Institute et de Free Press (signataires parmi d'autres: Global Voices advocacy, Mozilla, des journalistes, etc.) expliquent:

«En ce moment précis, des forces d’opposition politiques, commerciales, et idéologiques se battent pour décider d’à quel point Internet doit être ouvert ou fermé. Foncièrement, nous sommes confrontés à la possibilité extrêmement concrète de voir la plateforme de communication la plus importante existante à ce jour transformée en un archipel fragmenté et censuré».

Menaces

Les menaces allant à l'encontre d'un Internet libre sont multiples. Dans leur manifeste, les représentants de laNew America Foundation’s Open Technology Institute et de Free Press citent deux projets de loi américains:Stop Online Piracy Act et le Protect IP Act, «qui auraient sapé les bases de la démocratie participative et les droits de l’homme, en censurant Internet», selon eux.

Une autre menace vient de pays extérieurs aux Etats-Unis et concerne la volonté de voir les structures les plus fondamentales d'Internet, actuellement contrôlées par l'Icann, soumise au droit californien, changer de droit. La gouvernance de cet organisme (qui encadre les noms des domaines ou les fonctionnement des adresses IP) est très contestée, comme l'expliquait Slate.fr en mai dernier.

De nombreux pays en voie de développement aimeraient que les Etats-Unis lâchent un peu du lest et contrôlent moins certaines institutions. Tandis que Chine et Russie souhaitent créer des instances  internationales de contrôle et de surveillance du Web.

 

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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