Monde

Amazonie: les tribus indigènes menacées par un projet d'autoroute

Ludivine Olives, mis à jour le 02.07.2012 à 16 h 09

Slash and burn agriculture in the Amazon / Threat To Democracy via Flickr CC License by

Slash and burn agriculture in the Amazon / Threat To Democracy via Flickr CC License by

Certaines des dernières tribus indigènes seraient menacées par une future autoroute traversant l’Amazonie, rapporte The Guardian.

Le projet de loi déclare la consruction d'une route entre la ville de Puerto Esperanza et Iñapari d'«intérêt national et de nécessité publique». Parralèle à la frontière avec le Brésil, cette voie traverserait deux zones nationales protégées: la réserve communale Purus et le parc national d’Alto Purus.

Depuis 2004, Miguel Piovesan, prêtre de la ville de Puero Esperanza, mène campagne pour la construction de cette voie afin de relier sa ville à Iñapari, située plus au sud. Très virulent, il a plusieurs fois attaqué ses adversaires, notamment Survival International et WWF.

Il les accuse de profiter de l’isolement des tribus: «Ces organisations internationales gagnent de l'argent parce qu’elles se présentent comme les sauveurs des Indiens. Donc, si les Indiens évoluent, les ONG vont perdre leur business», a-t-il déclaré sur une émission de radio locale, selon The Guardian. Il a déclaré à The Observer que les populations autochtones sont maintenues dans un état de «captivité et d’esclavage incompatible avec la vraie écologie».

Un projet de loi très décrié

Néanmoins, la majorité de la population locale semble opposée à ce projet de loi. Le parc national abrite huit tribus connues et de nombreux indiens isolés, sans oublier la faune (le jaguar, le ara rouge, la loutre géante…).

Julio Cusurichi a remporté le prestigieux Goldman Environmental Prize en 2007 pour ses actions liées à la sauvegarde de cette réserve. Il explique à Indian Country Today Media Netword que la construction d’une route reviendrait à un «ethnocide» des Indiens isolés:

«Une route augmenterait l'exploitation forestière illégale, et le contact avec les populations autochtones qui souhaitent rester isolées serait un problème. En plus d'accroître la déforestation, une route ouvrirait la voie à des mines d’or illégales et au trafic de drogue.»

L’avocat César Ipenza, de la Société péruvienne du droit environnemental, a décidé de ne pas en rester là. Selon la loi péruvienne, un parc national est considéré comme «intouchable». La loi interdit l’extraction des ressources naturelles, la modification de l’infrastructure ou de toute activité affectant les écosystèmes.  

Pour l’avocat, la construction d’une route serait tout simplement illégale. Il a déclaré que toute décision liée à cette zone serait soumise à l’approbation des ministères de l’Environnement, de la Culture et des Transports. Selon lui, aucun d’eux n’est favorable à ce projet de loi.

Ludivine Olives
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