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Avion turc abattu par les Syriens: les Russes ont-ils appuyé sur le bouton?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.07.2012 à 11 h 13

McDonnell Douglas F-4 Phantom II / http2007 via Flickr CC Licence By

McDonnell Douglas F-4 Phantom II / http2007 via Flickr CC Licence By

Jusqu’à quel point les Russes sont-ils impliqués dans le tir de missile qui a été fatal à l’avion F-4 Phantom II de l’armée turque, abattu le 22 juin par les Syriens après avoir pénétré leur espace aérien (mais abattu alors qu'il se trouvait dans l'espace aérien international)? «Des preuves indiquent que l’avion turc a été abattu par un Pantsir fabriqué par les Russes», selon un diplomate occidental cité par The Daily Beast.

La Russie a vendu à la Syrie 36 lanceurs de missiles Pantsir-S1 sol-air en 2007 pour un coût de 900 millions de dollars. Selon ce diplomate, c’est le seul type d'appareil dont dispose la Syrie pour toucher un avion à cette distance. Or les systèmes Pantsir ont été vendus à la Syrie dans le cadre d’un contrat d’assistance technique pour installer le système et entraîner les opérateurs locaux.

Selon des diplomates du Moyen-Orient cités par le Sunday Times, les Russes sont encore stationnés dans les centres de contrôle des batteries de missiles, ce qui indique la possibilité qu’ils puissent être directement impliqués dans l’accident du 22 juin.

«Nous ne serions pas surpris que ces experts russes, s’ils n’ont pas appuyé eux-mêmes sur le bouton, aient été au minimum derrière les officiers syriens qui l’ont fait», selon une source de l’armée de l’air israélienne citée par le Sunday Times.

Les armes russes ont souvent été utilisées contre des hélicoptères américains en Afghanistan et en Irak ces dernières années, ainsi qu’en Yougoslavie quand en 1999 un F-117 américain a été abattu par un missile russe datant des années 1980. Mais si l’information était confirmée, il s’agirait du premier cas de modèle d’avion américain abattu par une technologie anti-aérienne russe récente, précise The Daily Beast.

Une réunion de l’Otan pour discuter de l’accident a depuis eu lieu, à la demande de la Turquie qui a qualifié cet événement d’«acte d’agression». Les Syriens ont rétorqué qu’il s’agissait de légitime défense. «Il n'y aura pas d'intervention militaire de l'Otan en Syrie, ni en Iran, tant que tous les moyens politiques n'auront été épuisés», a déclaré jeudi 28 juin le général Knud Bartels, président du comité militaire de l'Otan.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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