Culture

Les jeux vidéo devraient-ils être plus difficiles?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 29.06.2012 à 11 h 30

Image du site officiel de Diablo III

Image du site officiel de Diablo III

La question divise les gamers depuis que les jeux vidéo existent: les jeux devraient-ils être aussi difficiles que possible, ou doit-on privilégier le divertissement à la difficulté? Le débat a été récemment relancé par deux annonces.

Jay Wilson, le concepteur du jeu Diablo III a raconté lors de la sortie du troisième opus de la série à succès en mai 2012 qu’après des heures de tests intensives sur le mode «inferno» du jeu (le mode le plus difficile) par des joueurs hardcore pour déterminer le niveau de difficulté adéquat, les créateurs du jeu avaient tout simplement décidé de doubler le niveau de difficulté.

«Nous savions que, quel que soit notre niveau de jeu, les joueurs seront meilleurs que nous, a-t-il déclaré. Nous nous sommes alors concentrés à rendre le jeu le plus difficile possible.» Autre déclaration fracassante, celle du réalisateur du prochain Hitman, qui a affirmé que «seulement 20% des joueurs verront le dernier niveau du jeu.»

Malgré ces deux exemples, le magazine Thirteen1 est formel: les jeux vidéo sont plus faciles qu’avant. Et c’est tant mieux selon Dan(ed), qui liste les cinq raisons pour lesquelles cette évolution est une bonne chose. Un article qui n’est pas passé inaperçu chez les gamers, et auquel l’un d’entre eux, Erik Kain, a répondu point par point à travers un billet de blog sur Forbes.

Les arguments de Dan(ed) sont variés. Il estime par exemple que les jeux plus artistiques et créatifs comme Dear Esther ou Journey n’existeraient pas si tous les jeux étaient difficiles:

«Ces jeux sont un plaisir pour tous même s’ils privilégient le style à la substance. Des jeux fantastiques comme ceux-là n’existeraient sans doute pas s’il n’y avait pas une indication que des jeux faciles pouvaient attirer l’attention du public et générer des ventes.»

Pour Kain, cet argument est simplement faux. «Il y a plein de jeux artistiques difficiles», écrit-il, citant comme exemple Braid ou Portal. Les deux gamers s’accordent en fait sur deux points. D’abord, les jeux moins difficiles enlèvent des barrières et rendent l’univers du jeu vidéo plus accessible aux non-initiés.

Ensuite et surtout, le but des jeux est avant tout d’amuser les joueurs. Mais ils en tirent des conclusions différentes: pour Dan(ed), les jeux faciles sont ceux qui permettent de s’amuser le plus. Pour Erik Kain, c’est justement parce que tout le monde doit s’amuser que les jeux doivent avoir des niveaux de difficulté différents, du plus facile au très difficile.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte