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La Norvège va construire une unité psychiatrique pour Breivik

Grégoire Fleurot, mis à jour le 28.06.2012 à 14 h 42

Anders Breivik arrivant a son procès, le 29 mai à Oslo. REUTERS / NTB Scanpix.

Anders Breivik arrivant a son procès, le 29 mai à Oslo. REUTERS / NTB Scanpix.

Qu’Anders Behring Breivik soit jugé sain d’esprit ou non, une chose semble acquise: le tueur de masse passera sans doute les prochaines décennies de sa vie à l’endroit où il se trouve actuellement, dans la prison Ila d’Oslo.  

Associated Press rapporte que le direction de la Santé norvégien a validé mercredi 27 juin un projet de construction d’une nouvelle unité psychiatrique dans la prison spécialement destinée à héberger l’extrémiste dans le cas où il serait jugé fou, comme ils l’espèrent.

Breivik est détenu à la prison d’Ila depuis son double attentat terroriste de l’été dernier qui a fait 77 victimes. Il est actuellement mis à l’épreuve après un procès de 10 semaines qui s’est terminé au début du mois de juin.

Le procès a abouti à une situation étrange dans laquelle la défense et l’accusation se sont retrouvées dans des positions contraires à ce que l’on observe habituellement autour du débat sur la responsabilité d’une personne potentiellement atteinte de pathologie psychiatrique, notamment à cause des limites concernant les durées d’incarcération en Norvège.

Selon la loi norvégienne, Breivik écoperait d’un maximum de 21 ans de prison s’il est jugé sain d’esprit, même s’il pourrait être retenu plus longtemps s’il est toujours jugé dangereux après cette période. Mais les autorités norvégiennes auraient les moyens de le garder sous les verrous plus longtemps s’il est jugé malade. Une décision qui saperait les efforts de Breivik pour se présenter comme un leader révolutionnaire d’extrême-droite. Le tribunal rendra son jugement le 24 août.

Le sujet de l’emplacement où Breivik doit être détenu n’est pas la seule question difficile à laquelle la justice norvégienne a dû apporter une réponse et pour laquelle elle a dû faire preuve d’imagination. En mai, le Telegraph rapportait que les responsables de la prison avaient l’intention d’embaucher des «amis» pour Breivik parce qu’ils ne voulaient pas le mettre en isolement ni mettre en danger les autres prisonniers, qu’il pourrait décider de prendre en otage.

Les membres de cette «communauté professionnelle» devra notamment jouer au hockey d’intérieur et aux échecs avec le tueur de masse.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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