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Les Américains tentent de comprendre pourquoi les Français ne lisent pas sur e-book

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 27.06.2012 à 17 h 13

The future of books / Johan Larsson via FlickrCC Licence by

The future of books / Johan Larsson via FlickrCC Licence by

Quand un rédacteur de ReadWriteWeb, la bible des tendances web et de la technophilie, débarque à Paris et raconte les usages que font les Français des outils numériques, l’article ressemble à un reportage ethnographique dans un pays en voie de développement.

«Nous voyons plus de gens tenant des cigarettes que des smartphones», s’inquiète (ou s’émerveille) ainsi la copine du reporter après une première journée passée dans les rues et les cafés parisiens. «Et quand nous en avons vus, poursuit le journaliste, ils utilisaient principalement leur téléphone pour montrer une photo à leurs amis ou envoyer un message.» Pire, le journaliste relate des scènes difficilement soutenables: des écrans de Blackberry ou d’iPhone fêlés, que les Français continuaient à utiliser malgré ces rayures… Alors que la plupart des Américains, raconte-t-il, auraient profité d’une telle «calamité» pour remplacer leur téléphone par le dernier modèle disponible.

Dans un tel environnement, faut-il s’étonner que les seuls Kindle vus sur place appartiennent à des touristes américains, et que les rares iPad en circulation soient utilisés par les autochtones comme des appareils photo?

Pourtant, souligne l’auteur, Dave Copeland, les Français ne sont pas sous-équipés en technologies. Simplement ces derniers accordent trop d’importance au livre papier pour que l’e-book puisse percer ici. Par ailleurs le secteur public, par le biais des subventions aux libraires et surtout du prix unique du livre, maintient le secteur du livre dans une relative bonne santé, loin de l’effondrement de la librairie qui frappe les Etats-Unis.

C'est ce qu'explique le New York Times, autre publication américaine qui s'étonne de la résistance du secteur «papier» en France: «En Allemagne, le créateur doté du statut social le plus élevé est le musicien, en Italie, c'est le peintre. Et en France? C'est l'écrivain», souligne ainsi Bernard Fixot, des éditions XO.

«Mais même les Français savent que les traditions doivent changer, conclut ReadWriteWeb. Certaines boulangeries réchauffent des pains congelés au lieu de faire cuire les baguettes deux fois par jour, et même les bibliophiles français les plus irréductibles savent que l’avenir du livre imprimé se compte désormais en années plutôt qu’en décennies… ou en siècles.»

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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