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Au Brésil, un livre lu vaut quatre jours de prison en moins

Fabien Jannic-Cherbonnel, mis à jour le 27.06.2012 à 16 h 54

BooksRodrigo Galindez via Flickr CC License by

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Au Brésil, les prisonniers peuvent sortir plus tôt de prison s'ils… lisent des livres, rapporte Reuters.

Le Brésil vient en effet de créer une nouvelle sorte de remise de peine. Les détenus des prisons fédérales pourront réduire la longueur de leur peine grâce à la lecture. La décision du gouvernement prévoit quatre jours par livre lu.

Les 473.627 prisonniers du pays pourront ainsi lire jusqu’à 12 œuvres de littérature, de philosophie ou de science par an, gagnant ainsi jusqu’à 48 jours de détention en moins sur une année.

Le gouvernement brésilien explique que les prisonniers auront quatre semaines pour lire un livre et ensuite rédiger une dissertation sur le sujet. Un panel décidera ensuite si le prisonnier peut obtenir sa remise de peine.

Sur le site du Guardian, Erwin James, un ancien détenu, dresse la liste des livres que devraient consulter les prisonniers brésiliens. L’éditorialiste, qui a passé vingt ans en prison, conseille notamment Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski. 

Erwin James détaille les raisons qui l’ont poussé à inclure ce livre dans sa liste:

«L’auteur pense que le meurtre est permis dans le cas de la poursuite d'un objectif noble. J’ai conclu que [les sujets du livre] étaient des cogitations intellectuelles fallacieuses enroulées dans une prose brillante. Un chef d’œuvre qui m’a aidé à organiser ma façon de penser non sophistiquée.»

L’ancien détenu se souvient aussi de la lecture de The Second Prison de Ronan Bennet qui l’a beaucoup marqué:

«Le livre raconte l’histoire de Kane, un républicain irlandais relâché après avoir purgé sa peine pour sa participation dans un meurtre. (…) Même s'il est sorti de prison, de différentes façons il est toujours un prisonnier –cela est vrai pour de nombreuses personnes qui trouvent que la vie après la prison est un challenge inattendu.»

Pour Erwin James, l'initiative brésilienne est une très bonne idée. Il se souvient de son passage en prison et de l'importance qu'ont revêtu ces ouvrages:

«Les livres que j'ai lus en prison ne m'ont pas donné de réduction de peine mais ils m'ont aidé à devenir celui que j'aurais dû être.»

Fabien Jannic-Cherbonnel
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