Monde

Il envoie des bouteilles à la mer depuis cinquante ans

Temps de lecture : 2 min

P1011548 / Sanne Roemen via Flickr CC Licence By
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Bon d'accord, il n’est pas si vieux (61 ans). Et certes, il est rarement parti d’Amagansett, Long Island (Etat de New York). Mais il a fait voyager des centaines de messagers par voie maritime. Car Harvey Bennett, un commerçant amateur de navigation, envoie chaque année des bouteilles à la mer, qui contiennent toutes une carte de visite imprimée de l’intéressé, incluant la mention manuscrite: «Return for reward» («Retourner à l’adresse indiquée pour récompense»). Dans le New York Times, Corey Kilgannon consacre un long article au capitaine Bennett —il a un permis bateau— et à son passe-temps favori.

En un demi-siècle de pratique, une cinquantaine de ses bouteilles sont revenues à l'envoyeur. Certaines lui ont été ramenées par des locaux qui vivaient à quelques kilomètres de chez lui. D’autres ont voyagé bien au-delà de Long Island, jusqu’aux Bermudes, et lui ont été retournées par courrier.

En 2004, une de ses bouteilles a été retrouvée aux Bahamas, deux ans après avoir été envoyée. A Montauk, une femme qui a reçu un des colis d’Harvey l’a appelé pour lui reprocher de pratiquer ce mode de communication: «La bouteille aurait pu se casser et mes enfants auraient pu marcher dessus», lui a-t-elle dit au téléphone.

Echouée sur les côtes anglaises, une des bouteilles du «capitaine» a créé une mini-crise diplomatique en 2006 quand Henry Biggelsworth, citoyen anglais qui en avait manifestement contre ses cousins du Nouveau monde, lui a répondu par lettre. L’histoire avait à l’époque été relatée par le Guardian.

«Alors que vous considérez qu’il s’agit d’une expérience sur la vitesse des courants océaniques, j’ai un autre nom pour ce que vous faites: de la pollution.

Vous les Américains, vous n’êtes jamais content à moins que vous ne fassiez les imbéciles quelque part. Si vous souhaitez polluer votre propre territoire, allez-y. Mais retenez-vous à l’avenir de polluer le mien.»

Mais ces quelques expériences malheureuses n’ont pas détourné le capitaine Bennett de sa vocation: établir des liens avec ses semblables disséminés aux quatre coins du globe au moyen du mode de communication le plus archaïque au monde.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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