Monde

AU G20, tous fans de Merkel

, mis à jour le 21.06.2012 à 11 h 48

 Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso à Berlin, le 4 juin, 2012. REUTERS/Bundesregierung/Guido Bergmann

Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso à Berlin, le 4 juin, 2012. REUTERS/Bundesregierung/Guido Bergmann

Les commentateurs politiques lui prédisaient le pire. La chancelière allemande allait être très isolée au sommet du G20 à Los Cabos, face à des partenaires qui allaient lui reprocher en bloc son intransigeance quant à la gestion de la crise de l'euro et l'exhorter sans détours à ouvrir son sac à main.

Il n'en a pourtant rien été, s'étonne le quotidien Welt, qui estime que les représentants des vingt plus grosses puissances mondiales se sont révélés être «soudain tous fans de Merkel». En particulier le Premier ministre britannique David Cameron qui, selon le journal, «s'est outé en tant que fan» en déclarant tout bonnement: «J'admire Angela Merkel». Les Américains ont eux loué le «rôle constructif» des Allemands, et Christine Lagarde, chef du FMI, a déclaré à la fin du sommet: «Je crois que nous allons tous quitter Los Cabos avec une meilleure compréhension mutuelle de ce que chacun d'entre nous doit faire

«Obama et les chefs des gouvernements européens ont dû s'entendre sur une position officielle», suppose le Welt, étonné que le discours du chef d'État américain ait changé, ce dernier ayant déclaré en substance: «Je suis confiant dans la capacité des Européens à relever ce défi. Quand les gens savent ce qu'il faut faire, il peut y avoir de la confiance.» Le réconfort et le soutien ont désormais remplacé les avertissements, note le Welt.

Un constat partagé par le Süddeutsche Zeitung, citant les propres mots de Merkel à l'issue de cette rencontre, qui, visiblement satisfaite, a parlé d'«une atmosphère de partenariat» et d'une «discussion très honnête». La chancelière allemande n'a pas changé de position sur la gestion de la crise de l'euro, se bornant juste à «insister sur l'importance d'une autorité bancaire européenne».

Mais la chancelière allemande n'en reste pas moins critiquée dans son propre pays. Dans un édito, la journaliste du Tageszeitung Bettina Gaus, qui déplore que ce sommet n'a abouti à rien d'autre qu'à des «compromis formels et de vagues explications d'intentions», s'agace de l'attitude de Merkel:

«Au vu de l'évolution dramatique de la situation, des centaines de milliers de personnes devraient être dans la rue, au sens propre comme au figuré. Ils ne le font pas, en tout cas pas ici. Cela a beaucoup à voir avec la personne de la chancelière. Elle ne cesse de continuer de donner l'impression qu'il serait possible de protéger l'Allemagne des conséquences de la crise —le gouvernement n'aurait pour cela qu'à imposer des mesures strictes aux autres pays partenaires. Comme elle le sait sans doute elle-même, ce n'est pas vrai. Cela fait longtemps que nous n'avons plus le choix qu'entre “cher” et “encore plus cher”.»

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