Monde

Les écoliers britanniques ont faim

Delphine Dyèvre, mis à jour le 20.06.2012 à 11 h 38

University Student Teaches Reading  / Judy Baxter via FlickrCC Licence by

University Student Teaches Reading / Judy Baxter via FlickrCC Licence by

En Grande-Bretagne de plus en plus d’écoliers arrivent le ventre vide à l’école. C’est ce qu’affirment 55% des 591 professeurs interrogés, lors d’une enquête menée par le Guardian.

Plus de la moitié de ces professeurs affirment que le nombre d’enfants qui ont faim le matin ou n’ont rien mangé avant d’arriver à l’école a augmenté depuis un ou deux ans, à cause de la récession, du chômage et des coupes dans les allocations. Selon The Independent, 80% des élèves vivraient dans l'insécurité alimentaire et ne sauraient pas quand ils auront un nouveau repas.

Mais en réalité, selon Steve Iredale, président de la National Association of Head Teachers, ce sont particulièrement les enfants dont les familles vivent juste au-dessus du seuil de pauvreté qui souffrent le plus de la faim, car ils ne bénéficient pas des repas gratuits que fournit l'école aux plus nécessiteux.

Ce que confirme une seconde étude du Guardian, qui constate que 7 millions d’adultes, qui ont pourtant un emploi, vivent avec une pression financière extrême et luttent à la fin de chaque mois pour se nourrir ainsi que leurs enfants. 

Des petits déjeuners gratuits?

Selon le Child Poverty Action Group, 700.000 élèves, rien qu’en Angleterre, vivent dans la pauvreté et ne bénéficent pas d’allocations parce que les critères pour l’obtenir sont trop restreints. 

Néanmoins, le docteur Clare Gerada, président du Royal College of GPs (sorte de conseil de l'Ordre) interviewé par le Guardian, explique:

«Fournir des petits déjeuners gratuits à l’école, à ceux qui ont le droit aux déjeuners gratuits serait un début. Même si cela ne résoudrait pas le problème sous-jacent de la pauvreté, [cela] voudrait au moins dire que les enfants issus de familles pauvres ne mettraient en danger leurs chances d’apprendre.»

C’est en effet l’un des problèmes que la faim engendre, comme l’ont constaté les professeurs interrogés par l’étude du quotidien britannique. Selon 91% d’entre eux, les élèves manquent de concentration, 86% soulignent l’état de fatigue des enfants, 72% l’attitude des écoliers en classe et 63% affirment que les enfants disent qu’ils ne se sentent pas bien.

Malgré tout, les ministres britanniques ne comptent pas introduire les petits déjeuners gratuits à l’école. Le Department for Education tient le même discours, mais se satisfait que des individus ou des conseils locaux mettent en place ce type d’initiative. Selon l’enquête du Guardian, près de la moitié des professeurs interrogés ont déjà ramené à manger pour leurs élèves et un sur cinq a déjà donné de l’argent pour qu’un de ses écoliers puisse s’acheter un déjeuner.

Delphine Dyèvre
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