Culture

Plainte déposée pour contrefaçon d’origamis

Temps de lecture : 2 min

© Oeuvre de Robert Lang: Bull Moose, opus 413, 2003.
© Oeuvre de Robert Lang: Bull Moose, opus 413, 2003.

Robert Lang est un artiste d’origamis –cet art japonais qui consiste à plier des feuilles de papier pour faire des grenouilles quand on est en maternelle, et des trucs beaucoup plus chouettes (de l'art en fait) quand on a quitté la maternelle. Par exemple, Robert Lang peut plier une simple feuille et la transformer en un élan, ou en chapeau de cowboy. Lang, qui n’est plus en maternelle donc, poursuit la peintre Sarah Morris (artiste américano-britannique qui a exposé dans de nombreux musées et galeries, notamment aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France, au Palais de Tokyo). Il estime qu’elle a plagié ses modèles pour en faire des peintures (abstraites), rapporte scpr.org.

Le site explique que les artistes d’origami contemporains utilisent désormais des programmes informatiques pour faire une projection des pliures complexes nécessaires aux œuvres. Ces projections sont appelées des «modèles de pliures» (crease pattern en anglais). Elles se présentent comme des plans de figures géométriques.

«Quand vous regardez une forme déjà pliée, une grande partie de la matière de départ est cachée. Un modèle de pliure, en un sens, vous permet de voir l’intérieur de l’origami», explique Lang. Par exemple sur la photo de l'orignal mâle ci-contre, le modèle de pliure est présenté ici.

Un modèle de pliure peut ressembler à une toile de peinture abstraite. Pas loin de l’art abstrait géométrique… Ce que s’est dit Sarah Morris en découvrant des modèles de pliures. «C’est là que le procès commence», explique le site.

Sarah Morris peint des toiles abstraites, et avait fait une incursion dans le monde de l’origami moderne. «J’avais vu ces modèles de pliures, et ils m’intéressaient beaucoup», explique-t-elle. Elle en a pris certains, a changé quelques lignes, ajouté de la couleur, et les a transformés en toiles. Qui ont été exposées.

Robert Lang a été prévenu que des toiles reprenant ses modèles étaient exposées, sans son nom à lui. Morris estime que ses toiles sont fondamentalement différentes, que le contexte est différent, les intentions de même: ce sont des toiles, pas des photographies. La transformation, selon Sarah Morris, est totale. Pas tant que ça, estime Lang, puisque des amis ont reconnu ses modèles.

La loi doit statuer exactement sur ce point: une œuvre d’art peut-elle se servir d’œuvres préalables si la transformation en autre chose est avérée.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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