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Google s'inquiète de la volonté de censure des gouvernements

Grégoire Fleurot, mis à jour le 18.06.2012 à 11 h 41

Om Google / @gueamu via Flickr CC Licence By

Om Google / @gueamu via Flickr CC Licence By

Google a mis à jour son «rapport de transparence» avec de nouvelles données sur les demandes de suppression de contenu que l’entreprise reçoit pour ses services de la part des gouvernements du monde entier.

Le dernier rapport porte sur la période juillet-décembre 2011 et inclut désormais les demandes de suppression concernant les billets de blog, les vidéos et autres informations contenues sur les différentes plateformes de Google, ainsi que les demandes concernant d’autres informations comme le partage d'adresses IP d'utilisateurs.

Sur le blog de Google, Dorothy Chou, une des analystes de l’entreprise, fait part des inquiétudes du géant de l’Internet quant à la hausse des demandes gouvernementales:

«Quand nous avons commencé à publier ces données en 2010, […] nous avons remarqué que des agences gouvernementales de plusieurs pays nous demandaient parfois de retirer du contenu politique que nos utilisateurs partageaient sur nos services. Nous espérions qu’il s’agissait d’une aberration. Mais nous savons maintenant que ça ne l’est pas.»

Qui plus est, certaines des demandes proviennent de pays qui ne sont habituellement pas associés à la censure comme  les démocraties occidentales. Dorothy Chou prend l’exemple de l’Espagne, qui a demandé la suppression de 270 résultats de recherche renvoyant vers des blogs ou des articles concernant des personnes publiques ou privées, y compris des maires et des procureurs publics. Des demandes auxquelles Google n'a pas accédé.

Les Etats-Unis sont également montrés du doigt par le rapport, avec 103% de demandes gouvernementales en plus sur la période, la plus grosse augmentation du monde. Des demandes qui concernent pour la plupart les données privées des utilisateurs comme l’expliquait un ingénieur de Google à Forbes, et auxquelles Google n’a pas répondu pour la plupart.

En France, «les autorités ont mis en cause 61 liens, messages ou vidéos» sur la période rapporte LeMonde.fr, qui précise que «l'essentiel des demandes est lié à des vidéos à caractère pornographique» sur YouTube.

Le site The Next Web souligne que le rapport permet aussi d’observer comment les pays émergents répondent au développement d’Internet. Ainsi, quatre pays ont fait des demandes pour la première fois (la Bolivie, la République tchèque, la Jordanie et l’Ukraine), tandis que l’Inde a fait 49% de demandes de suppression de contenu que lors de la période précédente.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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