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Votre chambre d'hôtel est immonde

Jean-Yves Nau, mis à jour le 18.06.2012 à 11 h 28

Femme de chambre à Shanghaï en 2008, REUTERS/Nir Elias

Femme de chambre à Shanghaï en 2008, REUTERS/Nir Elias

C’est une réalité bien peu ragoûtante que vient de révéler une étude originale présentée au 112e Meeting général de la Société américaine de microbiologie organisé du 16 au 19 juin à San Francisco. Un groupe de chercheurs dirigés par Katie Kirsch (Université de Houston) s’est intéressé à la qualité hygiénique des chambres d’hôtels. Et ces scientifiques ont découvert que les micro-organismes y pullulaient.

Qui est responsable de cette triste et dangereuse situation? Les responsables hôteliers sont certes tenus de fournir à leurs clients un environnement à la fois sûr et sain. Mais Katie Kirsch observe que les méthodes actuelles de validation de la propreté des chambres d’hôtel ne se fondent que sur des évaluations visuelles; ce qui est notoirement inefficace pour mesurer l’aspect sanitaire à l’échelon microbiologique.

De plus, les personnes chargées de faire le ménage nettoient habituellement aux Etats-Unis (comme dans l’ensemble des pays développés) entre de 14 et 16 chambres durant leur huit heures quotidiennes de travail. Sauf événement inattendu, elles ne passent donc, environ, que trente minutes par chambre. Ce qui leur interdit en pratique une identification précise des objets à risque et la possibilité d’effectuer un nettoyage plus approfondi.

Ce travail préliminaire a été mené de manière aléatoire dans trois hôtels dans chaque Etat américain et sur dix-neuf surfaces au sein de chaque chambre. Kate Kirsch et ses collègues ont réalisé de multiples prélèvements sur différentes surfaces, à la recherche des bactéries aérobies et coliformes (bactéries fécales). Les concentrations bactériennes les plus élevées sont naturellement trouvées dans les toilettes et les vasques des salles de bains.

Attention aux télécommandes et interrupteurs

Plus étrange: on les trouve à des niveaux quasiment aussi élevés sur les télécommandes et les interrupteurs électriques des lampes de chevet. Soit précisément là où nous avons tendance à mettre nos doigts. Les zones les moins contaminées sont les têtes de lit, les cordes ou tringles pour tirer les rideaux ainsi (pourquoi ?) que les poignées des portes des salles de bains.

Des taux très élevés sont observés sur le matériel de nettoyage (éponges, balais et serpillères) des personnels, comme les éponges et les balais-serpillières. D’où la possibilité d’une transmission continuelle de chambres en chambres Pour les chercheurs de Houston, le contact avec des surfaces contaminées hôtelières est un mode possible de transmission épidémique des maladies à partir des hôtels. Il s’agit aussi et surtout d’un risque potentiel, non négligeable chez des personnes souffrant de déficit immunitaire et ne sachant pas à quoi elles sont exposées dans ces enceintes.

On se souvient peut-être que le rapport médicolégal rédigé dans le cadre de l’affaire DSK faisait état de la présence de traces anciennes de «sécrétions biologiques» émanant de personnes (dont l’identité n’avait pas alors été recherchée) sur la moquette et le papier peint de la suite 2806 du Sofitel de New York.

Jean-Yves Nau
Jean-Yves Nau (803 articles)
Journaliste
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