Economie

L'Allemagne est en train de ruiner l'Espagne

Annabelle Georgen, mis à jour le 16.06.2012 à 14 h 26

Dans une agence Bankia, à Madrid, le 1er juin 2012. REUTERS/Andrea Comas

Dans une agence Bankia, à Madrid, le 1er juin 2012. REUTERS/Andrea Comas

Le déclassement de l'Espagne par l'agence de notation Moody's est la conséquence d'une politique de sauvetage inappropriée, estime Mark Schieritz, journaliste économique à l'hebdomadaire allemand Zeit dans un édito paru jeudi.

«Beaucoup de mauvaises décisions ont été prises pendant cette crise, mais aucune ne l'a été de manière aussi flagrante que le plan de sauvetage pour l'Espagne –et la part de responsabilité du gouvernement fédéral a rarement été si ostensible. L'Allemagne a empêché –avec l'approbation de l'opposition– que l'assainissement des banques soit pris en charge par le fond de sauvetage. A la place, des crédits ont été accordés à l'Etat espagnol, afin qu'il puisse lui-même assainir ses banques. Avec l'argument qu'on serait sinon dans l'impossibilité d'imposer des conditions strictes à l'Espagne. Mais comme c'est le cas avec les crédits: ils accroissent les dettes, et c'est pourquoi il est logique que l'agence de notation Moody's déclasse maintenant l'Espagne. [...] Dit autrement: le crédit d'urgence de l'Europe va ruiner l'État et les banques espagnoles. Opération réussie, patient mort. Si on continue de sauver de cette façon, l'euro appartiendra bientôt au passé.»

Alors que la chancelière allemande est de plus en plus isolée sur la scène politique européenne, à trop vouloir défendre une politique d'austérité à laquelle beaucoup ne croient plus selon certains, à rester trop passive selon les autres, les critiques à son encontre se multiplient dans la presse allemande ces dernières semaines.

Angela Merkel continue pourtant de rester sur ses positions, estimant que l'Europe en demande beaucoup trop à l'Allemagne:

«La puissance de l'Allemagne n'est elle aussi pas infinie, et ses forces ne sont elles aussi pas illimitées. Et c'est pourquoi il nous appartient, en tant que plus grande puissance économique européenne, d'estimer nos forces de manière crédible, ce afin de pouvoir les employer à plein régime pour l'Allemagne et pour l'Europe», a-t-elle déclaré cette semaine au Bundestag, comme le rapporte l'hebdomadaire Focus, à propos du sommet du G20, qui aura lieu lundi et mardi prochain à Mexico.

Le quotidien Welt considère que la chancelière sera très isolée lors de cette rencontre:

«Le monde demande à l'Allemagne de s'engager plus dans le combat contre la crise. Cela va être clairement montré à Merkel. […] Les chefs d'Etat, les économistes et les investisseurs réclament une stratégie pour résoudre la crise européenne. Il y a différences manières de voir, mais elles ont toutes quelque chose en commun: Merkel doit mettre la main à la poche.»

Annabelle Georgen
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