Culture

Thomas Pynchon enfin en e-book

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 13.06.2012 à 11 h 39

Thomas Pynchon fait partie de cette catégorie d’écrivains reclus, pire encore que Cormac McCarty, dont on se demande, entre deux livres et deux articles, s’ils sont encore en vie. Il n’existe même pas vraiment de portrait de Pynchon, hormis une vieille photo de classe en noir et blanc. Autant vous dire que Pynchon n’est pas un homme très connecté –plutôt un hater de l’Internet.

D’où la surprise générale quand il a été annoncé que l’écrivain de V., de Vente à la criée du lot 49 et de Vice caché publierait enfin ses romans en e-books.

Thomas Pynchon a longtemps refusé que ses textes apparaissent sous ce format. La technologie est évoquée comme sujet de ses romans, rappelle le L.A. Times (attentats à la bombe dans L'Arc-en-ciel de la gravité, l’industrie aérospatiale dans Vente à la criée du lot 49…) mais lui-même ne l’avait pas adopté.

Totalité des oeuvres

Pynchon a pourtant conclu un accord avec Penguin Press pour publier l’ensemble de ses œuvres antérieures. Ce pas franchi par l'écrivain montre l’avancée inéluctable des auteurs vers le livre numérique: Jodie Blum (célèbre auteur pour jeunes ados) ou J. K. Rowling ont sauté le pas récemment. Ray Bradbury qui détestait pourtant Internet, s'y était résolu également, quelques mois seulement avant sa mort.

«Il y a quelques années, la part de  ventes de livres en numérique était dérisoire par rapport aux ventes papier, mais dans les six derniers mois, il n’a pas été rare de voir un nouveau roman vendre davantage en version numérique qu’en version papier», rappelle le New York Times, en évoquant les ventes du marché américain. Le quotidien ajoute:

«Les auteurs dont l’œuvre n’est pas disponible en vente en numérique prennent le risque de perdre une part importante, et qui le sera de plus en plus, du lectorat.»

Ann Godoff, présidente et directrice éditoriale de Penguin Press, qui explique que depuis des années la maison espérait passer les œuvres de Pynchon en format numérique, précise:

«Je crois qu’il voulait avoir davantage de lecteurs. Tous les écrivains veulent autant de lecteurs que possible. Mais je ne pense pas que cela changera son image publique, en termes de publicité de sa personne. En fait je sais même que ça ne changera rien.»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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