Monde

Ce que la victoire d'Hollande aux législatives veut dire pour Merkel

Annabelle Georgen, mis à jour le 11.06.2012 à 17 h 25

Angela Merkel, le 7 mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch

Angela Merkel, le 7 mai 2012. REUTERS/Fabrizio Bensch

L'annonce des résultats du premier tour des législatives a déclenché de nombreux commentaires dans la presse allemande, qui analyse aussi cette victoire du PS à la lumière du bras de fer qui oppose actuellement François Hollande à Angela Merkel.

«Le nouveau président Hollande peut considérer le résultat des législatives comme un succès. Il peut désormais compter sur une majorité stable au gouvernement. Il ne sera probablement pas dépendant des parlementaires du très anticapitaliste et eurosceptique Front de gauche. Cela va lui rendre les choses plus faciles pour assainir les comptes publics en France et trouver un compromis avec la chancelière Angela Merkel au sujet du plan de sauvetage de l'euro. Ce résultat devrait renforcer en même temps l'assurance d'Hollande sur le plan politique. Cela va lui épargner notamment de devoir constituer une cohabitation […] avec une majorité parlementaire conservatrice», estime le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung.

Un succès que son «homologue» allemand Sigmar Gabriel, chef du SPD, viendra saluer mercredi à l'Élysée, accompagné de ses fidèles, Frank-Walter Steinmeier, président du parti au Bundestag, et Peer Steinbrück, ancien ministre des Finances, selon une information parue dans le Bild Am Sonntag. La presse allemande se plaît à surnommer le trio la «troïka SPD». Pour l'hebdomadaire Focus, cette rencontre a un léger parfum de vengeance:

«Pendant la campagne présidentielle, Gabriel a soutenu Hollande, tandis que Merkel avait refusé de le recevoir. Maintenant qu'il est président, le socialiste se venge en recevant Steinmeier, Gabriel et Steinbrück, les adversaires de la chancelière

François Hollande avait demandé aux Français de lui donner une majorité solide à l'Assemblée. Les citoyens l'ont écouté, estime le Süddeutsche Zeitung dans un article d'analyse, s'interrogeant sur la façon dont Hollande va pouvoir tenir ses promesses de campagne:

«D'un côté il a annoncé un retour partiel à la retraite à 60 ans, des milliers de nouveaux postes d'enseignants tout comme des dizaines de milliers d'emplois d'avenir financés avec les fonds publics et il a attisé l'attente d'un État qui pourrait reprendre son rôle traditionnel de soutien patriarcal des citoyens. D'un autre côté il a promis de diminuer la dette et d'assainir les comptes publics. Donner plus et économiser en même temps –comment cela peut-il aller ensemble? Le danger est grand que la réponse du nouveau président soit la suivante: plus d'impôts et de charges sociales.»

Le quotidien de gauche Tageszeitung s'inquiète lui des scores remportés par le Front national, titrant «Hollande gagne, Le Pen aussi»: «Les taches brunes s'élargissent dans le paysage politique. Il ne s'agit pas seulement de réactions allergiques de citoyens déçus ou d'une morosité politique passagère. Le populisme de droite, hostile aux étrangers et raciste, est un problème sérieux en France, dont l'existence n'est plus discutable», estime-t-il dans un second article.

Annabelle Georgen
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Journaliste
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