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Vidéo: le porte-parole d'Aube dorée gifle en direct une députée communiste grecque

Dimitri Avdoulos, mis à jour le 07.06.2012 à 18 h 38

Capture d'écran

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Stupeur et choc. Les Grecs se sont réveillés ce jeudi matin en regardant, en direct à la télévision, le porte-parole d’Aube Dorée, le parti d’extrême droite, Ilias Kassidiaris frapper la députée candidate du Parti communiste Liana Kaneli, après avoir envoyé un verre d’eau à Réna Dourou, candidate du parti de gauche Syriza.

Le débat est devenu violent quand Liana Kaneli et Ilias Kassidiaris, lors d’un dialogue d’assez bas niveau, ont eu un différend sur lequel des deux partis «collaborait» le mieux avec la police lors des affrontements entre manifestants et policiers à Athènes.

Les insultes n’ont pas tardé à fuser: «Sale fasciste», «Sale communiste», etc. A ce moment-là, Réna Dourou entre dans le débat en disant qu’à part la crise économique, la Grèce souffre d’une crise de manque de démocratie.

Ilias Kassidiaris, visiblement énervé, ne cesse alors de l’interrompre. Dourou, qui ne se montre pas impressionnée par les ardeurs du porte-parole fasciste, s’explique en donnant l’exemple du procès auquel ce dernier a «échappé» la veille.

Kassidiaris est en effet accusé de coup et blessures, de port et utilisation d’armes et complicité de vol après une rixe entre membres d’Aube Dorée et un étudiant en 2007. Le procès qui aurait dû avoir lieu le lundi 4 juin a été reporté au 6 puis au 11 pour des raisons «administratives», son avocat ne pouvant assister au procès, horaire du tribunal dépassé et diverses excuses douteuses…

Il n’en fallait pas plus pour que ce dernier explose de rage contre Dourou en lui jetant un verre d’eau. Kaneli, outragée par ce comportement violent, lui demande alors de partir, ce qui lui vaut trois baffes…

La régie a directement repris l’antenne et on a plus revu depuis Kassidiaris. Selon la chaîne de télévision, le porte-parole d’Aube Dorée s’est échappé avant que la police arrive. Un mandat d’arrêt a été émis par la procureur d’Athènes dans la matinée.

Les partis politiques, le Premier ministre Pikramenos et le président Papoulias ont unanimement dénoncé les violences du cadre d’Aube Dorée et ont annoncé qu’ils n’accepteraient plus de débattre avec des représentants du parti néo-nazi dans le cadre de la campagne électorale.

Ce qui en fait un véritable casse-tête pour les médias car, en pleine campagne électorale pour les législatives du 17 juin, ils sont obligés d’appliquer la parité du temps accordé aux partis du parlement sortant.

Dimitri Avdoulos
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