Monde

Dépression et sentiment de culpabilité sont liés

Slate.fr, mis à jour le 06.06.2012 à 14 h 29

How to Overcome Depression/Kevin Dooley  via Flickr CC License by

How to Overcome Depression/Kevin Dooley  via Flickr CC License by

Vous pensez que vous êtes nuls et que vous n'allez pas vous en sortir? Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas entièrement de votre faute. C'est en tout cas ce que révèle une étude, publiée le 4 juin dans la revue Archives of General Psychiatry. Des neuroscientifiques britanniques viennent de montrer que le cerveau des personnes atteintes de dépression réagissent différemment au sentiment de culpabilité, même après que les symptômes ont disparu.

La rupture de communication entre les deux régions du cerveau

Le sentiment de culpabilité serait lié à une rupture de communication entre deux régions du cerveau, associées justement à la culpabilité. «Pour la première fois, nous mettons en lumière les régions du cerveau qui interagissent pour établir un lien entre le comportement socialement acceptable –le lobe temporal antérieur– et le sentiment de culpabilité –la région du cerveau subgénual– chez les personnes qui sont sujettes à la dépression», indique le chercheur principal Roland Zahn.  

Effectivement, le lobe temporal antérieur nous aide à placer nos propres actions dans un contexte social large et permet ainsi d'être à l'écoute des autres ou d'être en mesure de juger. Tandis que le cortex cingulaire s'active lorsque nous pensons que le comportement d'autrui ou bien le nôtre mérite le blâme ou l'indignation indique le Los Angeles Times. 

Pour réaliser cette étude, les chercheurs de l’université de Manchester ont utilisé l’IRM fonctionnelle (imagerie par résonance magnétique) afin d’analyser le cerveau de 25 personnes ayant souffert de dépression majeure, mais ne présentant plus de symptômes depuis au moins un an. Ils les ont ensuite comparés avec les cerveaux d’un groupe témoin qui n’a jamais souffert d’état dépressif. Les deux groupes ont été invités à mal agir en étant par exemple avare ou autoritaire envers leurs meilleurs amis, explique le site HealthDay.

Les chercheurs se sont alors rendu compte que les personnes ayant eu des antécédents de dépression ont montré des réponses différentes dans les régions du cerveau associées à la culpabilité, déclare Roland Zahn dans son communiqué.

Dans le groupe de personnes qui n'ont pas d’antécédents familiaux ou personnels par rapport de dépression, les régions qui composent le réseau fronto-limbic (c’est-à-dire un ensemble de structures primitives du cerveau qui nous aident à traiter et répondre à des émotions fortes) ont été en connexion avec le lobe temporal antérieur. Alors que «ce “découplage” des deux régions se produit uniquement lorsque les personnes, sujettes à la dépression, se sentent coupables ou se blâment, mais pas quand elles se sentent en colère ou blâment les autres. Cela pourrait refléter un manque d’accès aux informations sur ce qui est exactement inapproprié dans leur comportement lorsqu'elles se sentent coupables, étendant ainsi la culpabilité à des choses dont elles ne sont pas responsables et se sentent donc coupables de tout», explique le scientifique dans le communiqué reprit par HealthDay.

«Notre recherche permet de fournir le premier mécanisme cérébral pouvant expliquer l’observation classique de Freud qui disait que la dépression se distinguait de la tristesse normale par la prédisposition à des sentiments exagérés de culpabilité ou d’auto-accusation», indique le docteur Roland Zahn.

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