American Apparel pourrait délocaliser ses usines

American Apparel / William Murphy via FlickrCC Licence by

L’un des principes fondateurs d’American Apparel (AA) s’apprête à voler en éclat. D’après le LA Times, la célèbre marque californienne risque de délocaliser ses usines. Fini le «made in USA» cher au controversé Dov Charney, le président-fondateur de la marque.

S’il ne le dit pas aussi clairement au quotidien de la côte ouest, c’est malgré tout la première fois qu’il brise ce tabou:

«Dire que je n’importerai jamais de l’étranger n’est pas raisonnable. Pour le moment notre business concept est de tout faire ici. Mais je n’exclurai aucune possibilité.»

Les soucis financiers d’AA ne datent pas d’hier, on annonçait déjà en 2010 la faillite de la marque de vêtements. Aujourd’hui, toujours pas de faillite mais neuf trimestres de pertes consécutives et une perte nette de 39,3 millions de dollars (31,58 millions d’euros) en 2011. Sans oublier la mauvaise image que le président-fondateur d’AA renvoie de la marque avec les différentes plaintes pour harcèlement sexuel déposées par des anciennes employées.

Pour l’heure, AA emploie 4.500 personnes payées à la pièce, même s’ils sont assurés d’un salaire minimum de 8 dollars (6,43 euros) de l’heure. En moyenne, ils gagnent 11 dollars et les plus rapides peuvent atteindre les 18 dollars. Des salaires plus élevés que dans les sweatshops. Sans compter que des masseurs sont également présents sur place afin que les salariés puissent travailler dans les meilleures conditions.

Ainsi, ils peuvent produire en série 120.000 t-shirts en une journée et sortir rapidement de nouveaux designs. Selon Marty Bailey, agent de fabrication en chef, la vitesse de rotation des modèles est l’un des avantages clés d’American Apparel par rapport à des marques comme H&M ou Forever 21:

«Si j’ai une idée le lundi, elle sera accroché sur la devanture d’une boutique de Manhattan le vendredi.»

Le point faible d'AA reste le prix, souvent plus élevé que ses rivaux qui font produire à l'étranger. Marty Bailey l'explique aussi par la qualité des matières premières utilisées et la meilleure coupe des modèles. 

Toujours est-il que la marque aux hoodies multicolores ne compte pas en rester là. Elle vient de lancer au Japon son premier e-shop sur portable. Le Japan Daily Press rapporte que si c’est ce pays qui a été choisi, c’est parce que les clients ont l’habitude de faire du shopping sur les portables, notamment les adolescents et qu'il ne fallait pas passer à côté de cette source potentielle de bénéfice.