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Le racisme parti pour gâcher l'Euro 2012

Capture d'écran du documentaire de Panorama sur YouTube

Capture d'écran du documentaire de Panorama sur YouTube

Un documentaire alarmant sur le racisme et l’antisémitisme dans les stades polonais et ukrainiens diffusé dans l’émission de la BBC Panorama lundi 28 mai a remis ce problème au cœur de l’actualité à moins de deux semaines du début de l’Euro de foot qui doit se tenir dans ces deux pays.

Pour ceux n'étaient pas encore convaincus de la réalité du problème, l’enquête de la BBC ne laisse plus aucun doute: elle montre des cris de singe largement répandus dans les tribunes, des saluts nazis de groupes de supporters entiers, une attaque ultra-violente contre un des fans asiatiques lors d’un match en Ukraine ou encore des bannières antisémites à Cracovie, à moins de 50 kilomètres du site du camp d’extermination d’Auschwitz. Le journaliste parle également à un groupe d’extrême-droite ukrainien qui recrute et prépare des jeunes hooligans à des attaques contre les étrangers.

Et le problème ne se cantonne pas aux pays de l’Europe de l’Est: Sepp Blatter, président de la Fifa, a récemment minimisé l’ampleur du racisme dans le sport à la suite d'affaires d’insultes entre joueurs du championnat anglais, où un étudiant gallois a été condamné pour propos racistes à l’encontre d’un joueur sur Twitter.

En Angleterre, le documentaire a déclenché de nombreuses réactions. L’ancien capitaine de l’équipe nationale Sol Campbell a ainsi conseillé aux supporters du pays de rester à la maison et de regarder le tournoi à la télévision. Les familles de deux joueurs de l’équipe nationale ont décidé de suivre ce conseil et de ne pas se déplacer pour le tournoi par peur du racisme dans les stades. Des représentants de la Pologne et de l’Ukraine ont accusé le documentaire d’être «biaisé et partial» et d’exagérer le problème, affirmant notamment que «l’Ukraine est très connue pour sa tolérance et a l’habitude depuis longtemps de vivre avec d’autres nationalités».

L’UEFA a également répondu par un communiqué:

«L’UEFA Euro 2012 met les projecteurs sur les pays hôtes et crée clairement une opportunité pour ces pays de répondre et de régler de tels problèmes sociétaux. L’approche “zéro tolérance” de l’UEFA vis-à-vis du racisme est toujours valable sur et en dehors du terrain, et l’arbitre conserve le pouvoir d’arrêter voire de suspendre un match en cas d’incident raciste.»

Dans la pratique, malgré les menaces de Michel Platini (président de l’UEFA) notamment, très peu de matchs sont arrêtés pour racisme, et encore moins sont suspendus. C’est souvent aux joueurs eux-mêmes de quitter le terrain quand ils ne peuvent plus supporter les insultes, comme le champion du monde brésilien Roberto Carlos en Russie. La star Samuel Eto’o, victime d’insultes racistes dans les stades d’Espagne et d’Italie, avait également conseillé aux joueurs de quitter le terrain dans de telles circonstances.

Mario Balotelli, fantasque joueur italien évoluant dans le championnat anglais, a prévenu qu’il devrait «aller en prison» s’il était victime de racisme sur un terrain ou dans la rue pendant l’Euro parce qu’il «tuerait» l’auteur des attaques.

G.F.

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