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Fukushima: du thon rouge contaminé pêché sur les côtes californiennes

Slate.fr, mis à jour le 29.05.2012 à 12 h 27

Bluefin Tuna. Dennis Tang via Flickr CC License by.

Bluefin Tuna. Dennis Tang via Flickr CC License by.

Les amateurs de sushis doivent-ils se méfier du thon rouge? Selon la BBC, des chercheurs américains viennent de trouver des niveaux de césium radioactif dix fois plus élevés que la normale dans du thon rouge du Pacifique, pêché au large des côtes de la Californie. Il aurait été contaminé par l’accident nucléaire de Fukushima, en mars 2011.

Cette étude, qui a été publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, révèle que les quinze thons rouges (Thunnus orientalis) pêchés au large de San Diego en août 2011 ont montré des niveaux élevés de césium radioactif, notamment les isotopes 134 et 137. 

Le césium 137 était présent dans l’eau avant l’accident de Fukushima en raison des retombées des essais nucléaires, mais la présence de césium 134 peut être directement liée à l'accident nucléaire. Selon l'agence Bloomberg, l'opérateur Tokyo Electric Power a indiqué dans un communiqué la semaine dernière qu’environ 3.500 terabecquerels (1.000 milliards de becquerels) de césium 134 et 3.600 terabecquerels de césium 137 s’étaient infiltrés dans la mer entre le 26 mars et le 30 septembre 2011.

Dangereux pour l'homme?

Les scientifiques soulignent cependant que les poissons peuvent toujours être consommés. Daniel Madigan, de l’Université de Stanford Hopkins, a noté que la quantité de matière radioactive détectée était de loin inférieure à la limite légale fixée par les autorités japonaises. «Il est devenu clair que certaines personnes pensent que n’importe quelle quantité radioactive est mauvaise pour la santé. Mais par rapport aux limites de sécurité, la quantité que l’on vient de trouver dans le thon est assez minime», indique le chercheur à l'agence Reuters.

Depuis le 1er avril, le seuil de becquerels par kilogramme au Japon a été abaissé à 100 pour un adulte et à 50 pour un enfant. «Ce sont des quantités faibles dans l’absolu», note Roland Desbordes, le président de l’association française Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) dans Libération. Mais accumulées, «il y a un risque de développer des cancers, des pathologies immunitaires et cardiaques».

Une pollution utile pour étudier la migration

Comment le poisson a-t-il pu être contaminé? Cela seraient en fait les parents des poissons étudiés qui l'étaient. Ils auraient frayé dans les eaux japonaises pendant un à deux ans avant de partir pour l’est du Pacifique.

Pour les scientifiques, la contamination liée à Fukushima permettrait ainsi de retracer l’origine et le calendrier des mouvements des poissons. «C’est une façon de montrer comment les écosystèmes sont interconnectés, même quand ils sont séparés par des milliers de km. […] Cette information pourrait être utile dans les efforts de conservation ou de gestion des pêches», indique à Reuters Nicolas Fisher, professeur de sciences de la mer à l'université Stony Brooks, à New York.

Nicholas Fisher et Daniel Madigan ont précisé que des thons pêchés dans les prochains mois seront soumis à de nouveaux tests. Ces poissons auront passé beaucoup plus de temps dans les eaux japonaises et pourraient donc être contaminé de façon très différente. L'équipe estime aussi que l'enquête devrait être étendue à d'autres espèces migratrices qui fréquentent les eaux japonaises.

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