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Malnutrition: un tiers des SDF américains sont obèses

Slate.fr, mis à jour le 28.05.2012 à 17 h 13

Photo: Donut heaven/ Bochalla via Flickr CC License by

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Selon la Harvard Medical School et Oxford, les SDF américains ne souffrent plus de maigreur, mais au contraire d’obésité, le nouveau fléau de malnutrition qui les touche. Le taux d’obésité est même aussi fort chez les SDF qu’au sein du reste de la population avancent les deux centres de recherche –dont les travaux doivent être publiés dans le Journal of Urban Health (Revue de la santé urbaine)– soit 1/3 de la population: 32.3% parmi les SDF, contre 33,7% parmi le reste de la population. Le taux d’obésité est encore plus élevé chez les femmes: 42,8% chez les femmes SDF, 35,3% chez les femmes non-SDF.

La première raison avancée par les chercheurs des deux prestigieuses universités est la qualité de la nourriture dont les SDF se nourrissent. «L’alimentation peu chère, offrant une satisfaction immédiate, contient un taux élevé de graisses et de sucres», précise le site SciTechDaily, qui rapporte la nouvelle.

Autre facteur, les conditions de vie des sans-domiciles fixes: un mode de vie extrêmement sédentaire, le manque de sommeil, le stress, qui sont des éléments aggravants de l’obésité.

Cette étude, menée conjointement par les deux universités anglo-saxonnes, est celle de plus grande ampleur jamais menée sur les SDF. En revanche, le lien entre pauvreté et obésité est depuis longtemps étudié.

Dès 2004, l’American Journal of clinical nutrition donnait déjà à lire une liste de faits expliquant le lien entre la pauvreté et l’obésité. Il y a par exemple «une relation inversemement proportionelle entre la densité énergétique d’un produit et son coût, à tel point que les aliments riches en énergie, composés de grains raffinés, de sucres ajoutés, ou de graisses, représentent souvent l’option la moins onéreuse pour le consommateur».

Un important facteur est aussi psychologique: «la densité en énergie et la saveur des douceurs et des graisses sont associées à des doses caloriques importantes». L’envie de nourriture réconfortante et que l’on croira plus riche en énergie pousse donc à manger des aliments très caloriques.

Dans un article de Slate publié en 2009, Daniel Engber écrivait :

«Ce qu'il faut retenir ici, c'est que les relations entre pauvreté et obésité sont à la fois étroites et complexes. Les obèses ont tendance à être pauvres et malades. Les pauvres ont tendance à être obèses et malades. Les malades ont tendance à être pauvres et obèses. C'est ce que les sociologues appellent le "gradient social de santé", c'est-à-dire la règle qui fait qu'en général plus vous êtes riches, plus vous avez de chance d'être en bonne santé».

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