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Du soja OGM résistant à la sécheresse

Slate.fr, mis à jour le 23.05.2012 à 19 h 06

Soja / solylunafamilia via FlickrCC Licence by

Soja / solylunafamilia via FlickrCC Licence by

Ce sont des herbes folles, mais pas sans gène. Au contraire. Après 20 ans de travaux acharnés, une chercheuse argentine est parvenue à inoculer le gène de la résistance à la sécheresse au soja, au blé et au riz, rapporte le quotidien suisse Le Temps.

Des OGM dont les rendements sont «10% supérieurs à ceux des plantes conventionnelles», assure Raquel Chan, biologiste de 52 ans, directrice de l’institut d’agro-biotechnologie de l’université du Littoral de Santa Fe. Un petit miracle au moment où la Bourse de céréales de Buenos Aires prévoit que les récoltes de soja seront frappées en 2012 par la sécheresse provoquée par le phénomène climatique de la Niña. Les deux plus gros producteurs mondiaux, le Brésil et l’Argentine, pourraient être gravement affectés: respectivement -11,5% et -19%. La présidente Cristina Kirchner l’a elle-même annoncé.

Raquel Chan et son équipe sont tout d’abord parvenus à identifier un gène, HAHB-4 de son petit nom, qui rend le tournesol résistant à la sécheresse. Une découverte faite «par hasard», assure au Temps la biologiste. «Si nous avions voulu le découvrir, nous n’y serions sûrement jamais arrivés». Restait à transférer le HAHB-4 sur des céréales cultivées à grande échelle comme le soja, le blé ou le riz. «Dans notre laboratoire, le soja et le blé génétiquement modifiés ont résisté sept à dix jours de plus sans eau que leurs congénères non modifiés», explique fièrement Raquel Chan.

Sauf que l’université publique ne disposait pas des moyens nécessaires à de telles manipulations. Une convention a donc été signée avec la compagnie Bioceres, fondée par des producteurs argentins, et désormais propriétaire des droits, précise l’AFP.

Cette compagnie s'est associée à son tour au groupe américain Arcadia, qui prévoit d'investir 20 millions de dollars (15,8 millions d’euros) dans la commercialisation. Date de mise sur le marché prévue dès 2015.

Pas de quoi rassurer les écologistes qui savent, ainsi que le rappelle le Temps, qu’en Argentine les vaches génétiquement modifiées produisent déjà de l’insuline, de l’hormone de croissance et du lait «humains».

«Sans une politique interdisant toute déforestation, ces nouvelles plantes sonnent la fin des forêts primaires du nord du pays, où il pleut très peu, explique Hernan Giardini, responsable de la campagne forêts chez Greenpeace. Elles pourraient même encourager la “sojatisation” de régions très sèches comme la Patagonie.»

Alors que les stocks mondiaux de soja ont atteint un niveau «critique», début mai selon la Société générale, l’auteur du rapport, publié le 2 mai, estime qu'une «augmentation des surfaces plantées est indispensable pour maintenir le niveau de production et de stock habituel».

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