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Nous visitons les musées comme des Homo Sapiens

Slate.fr, mis à jour le 23.05.2012 à 15 h 00

Quand on déambule dans un musée, ce n’est pas de manière logique mais en suivant nos plus profonds et primitifs instincts. C’est le constat d’Henry Adams, professeur d’art américain après qu’un de ses élèves physiciens a dessiné la manière dont les personnes circulent au sein du musée d’Art de Cleveland, rapporte le Smithsonian Mag. 

Très peu de données existent sur la façon dont les gens circulent au sein d’un musée, alors qu'il en existe de nombreuses sur la manière dont déambulent les gens quand ils consomment. Et les seules existantes, concernant les musées, sont issues de questionnaires où on a demandé aux visiteurs ce qu’ils avaient fait et quels tableaux ils avaient aimé. Or selon l’hypothèse d’Henry Adams, la plupart des agissements des visiteurs sont inconscients.

Ce que confirment les croquis faits à la main par Andrew Oriani, l’étudiant physicien, qui donne une première idée de ce à quoi pourrait ressembler une étude plus poussée, avec des dispositifs de surveillance électronique. Néanmoins, des premières conclusions sont déjà possibles.

Les mouvements dans la galérie sur le 19ème siècle. Par Andrew OrianiLes mouvements dans la galerie sur le XIXe siècle. Par Andrew Oriani

Tout d’abord, les visiteurs de musées sont très mobiles et ils se déplacent en zigzag, en suivant leur instinct et non en suivant l’ordre établi par les commissaires d’exposition. Nous nous comportons, en somme, comme des Homos Sapiens ou des «chasseurs-cueilleurs»:

«Les musées nous permettent de revenir à nos racines, on apprend et on explore de la manière qui est la plus naturelle pour nous.» 

La forme des salles influent également sur la déambulation. 

Si la plupart des personnes affirment avoir regardé tous les tableaux attentivement, en réalité ils ne sont restés qu’une ou deux secondes et rarement plus de 45 secondes.

Selon le type d’art, les réactions ne sont pas les mêmes. Dans la galerie sur le XVIIe et le XVIIIe siècle, les gens ont fait une visite circulaire, de peinture en peinture. Alors que dans la galerie d’art moderne, les personnes ont eu tendance à se placer au milieu de la salle afin d’avoir une vue d’ensemble.

Même avec cette étude sommaire, on peut déjà diviser les comportements des uns et des autres en sous-catégories. Par exemple, les femmes dans la galerie sur le XVIIIe siècle avancent régulièrement d’un tableau à un autre, mais en ne regardant que brièvement les peintures. Les hommes, quant à eux, ont un comportement beaucoup plus irrégulier mais ils s’arrêtent plus longtemps quand quelque chose a attiré leur attention.

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