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Lauren Odes, virée parce que trop «hot» pour une marque de lingerie

Slate.fr, mis à jour le 22.05.2012 à 14 h 19

Lauren Odes à New York le 21 mai / Brendan McDermid / Reuters

Lauren Odes à New York le 21 mai / Brendan McDermid / Reuters

Peut-on être trop «hot» pour travailler pour une marque de lingerie? C’est en tout cas ce que clame Lauren Odes, une habitante du New Jersey de 29 ans. Lors d’une conférence de presse, lundi 21 mai à New York, la jeune femme a annoncé qu’elle allait poursuivre en justice son ancien employeur, rapporte le New York Post.

Accompagnée de son avocate, Lauren Odes a expliqué avoir été embauchée en avril 2012 dans les locaux du fabricant de la marque Native Inmate. Mais au bout de deux jours, une supérieure est venue lui dire que les propriétaires de l’entreprise, des juifs orthodoxes, n’étaient pas contents et qu’elle devait changer d'accoutrement. L’Américaine développe:

«D’abord on m’a dit que j’était trop hot et que mes seins étaient trop gros. J’étais choquée. J'estimais que je m’habillais chaque jour de façon appropriée pour le travail d’assistante de production. Je portais une robe ce jour-là.»

«J'ai dû me couvrir d'une robe de chambre»

Malgré l’incronguité de la demande, Lauren Odes s'exécute et vient habillée le lendemain avec un tee-shirt gris, un pantalon de sport et des bottes de pluie. Mais cela ne suffit pas, et la supérieure revient, lui demandant de «rentrer ses seins pour les faire apparaître plus petits».

L'humiliation ne s’arrête pas là. Le jour suivant, la jeune femme se voit proposer un choix. Soit aller acheter un sweat dans la boutique d’en face, soit se couvrir «d’une robe de chambre rouge avec un motif de guitare noir collé derrière». Lauren Odes choisit la deuxième solution, mais devant les rires de ses collègues, elle se met à pleurer et décide d’aller acheter un sweat-shirt.

Quinze minutes plus tard, alors qu’elle est toujours en train de faire du shopping, Lauren apprend son licenciement par téléphone.

«Aucun employeur n'a le droit de m'imposer ses croyances religieuses»

Encore choquée de son licenciement, Lauren Odes a expliqué à la presse:

«Je comprends qu’il y ait des hommes juifs orthodoxes qui aient des conceptions sur comment une femme devrait s’habiller et comment elle devrait être couverte. Mais je suis aussi juive et je pense qu’aucun employeur n’a le droit de m’imposer ses croyances religieuses.»

«Elle a simplement été virée parce qu'elle est attirante et qu'elle ne se conforme pas aux vues religieuses imposées par son ancien manager», a expliqué son avocate, Gloria Allred, qui a déposé une plainte pour discrimination due au genre et à la religion.

Ce n’est pas le premier cas de ce genre pour la célèbre juriste, qui, il y a deux ans, avait défendu une femme qui avait été virée pour avoir porté des tenues trop gênantes pour ses collègues masculins. L'avocate va aussi défendre un masseur attaquant John Travolta pour agression sexuelle. Pour le moment, Native Inmate n'a pas voulu faire de commentaire sur l'affaire.

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