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Sida: on sait enfin pourquoi un vaccin rendait les patients plus vulnérables

Slate.fr, mis à jour le 21.05.2012 à 14 h 16

Un médecin préparant une seringue pour un vaccin. REUTERS/Eric Gaillard

Un médecin préparant une seringue pour un vaccin. REUTERS/Eric Gaillard

En 2007, la pire crainte des chercheurs est devenue réalité. Un vaccin expérimental contre le sida a rendu ceux qui l’ont pris plus vulnérables au virus, explique le New York Times.

Jusqu’ici, les raisons de cette contamination restaient floues. Mais une nouvelle étude, publiée dans The Journal of Infection Disease, tend à prouver que la cause était biologique et non due à des comportements à risque.

Le Dr Ann Duerr, du Centre Fred Hutchinson de recherche contre le cancer, à Seattle, qui a mené l’étude, a suivi 1.836 hommes issus de l’expérience Merck, depuis la fin du test. Parmi eux, 172 ont été infectés par le virus du sida.

Elle rapporte que les hommes qui ont pris part à l’expérience du groupe allemand de chimie-pharmacie Merck n’ont pas eu de comportements à risque, comme avoir plus de partenaires, se faire des injections de drogue ou avoir plus de rapports sexuels non protégés. Même quand ils ont su s'ils avaient reçu le vaccin ou le placebo.

Selon les conclusions de l'étude, les hommes vaccinés non circoncis avaient plus de risque d’être infectés, ainsi que ceux qui avaient débuté le test en ayant attrapé un rhume, causé par le même virus que celui utilisé pour faire le vaccin, avaient deux à quatre fois plus de risque, que les autres, de contracter le sida.

Le vaccin avait été fait à partir d’un adénovirus (une famille de virus) affaibli et modifié. En théorie, les hommes qui avaient déjà attrapé cet adénovirus (à travers le rhume) ont eu leur système immunitaire dopé après avoir reçu trois injections du même adénovirus, à travers le vaccin-test. Faisant encore augmenter le nombre de cellules CD4 (un type de globule blanc) dans le sang.

Habituellement, l'augmentation des cellules CD4 est bon signe, après un vaccin, sauf que ces cellules sont justement celles que le virus du sida attaque. Le vaccin expérimental a ainsi créé un environnement idéal pour le développement du virus. Tout l'inverse du traitement.

Il existe des dizaines d’adénovirus et les chercheurs explorent à présent les plus rares afin de pouvoir les utiliser dans un vaccin.

Un premier traitement préventif contre le sida

Etant donné que la cause de la contamination est longtemps restée inconnue, certains vaccins-tests ont été, par la suite, interdits. De plus, les hommes non circoncis ou ayant contractés des adénovirus avant un test sont le plus souvent exclus des protocoles. Néanmoins, les recherches ont continué.

Pour preuve, le premier traitement préventif contre le sida pourrait être commercialisé aux Etats-Unis. En effet, si l'Agence américaine des médicaments (FDA) donne son accord, cela pourrait être le cas dès la mi-juin, relate France 24. Le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), prévient: 

«C'est une avancée. Mais il faut rester modeste, prudent et répéter que la base de la prévention, c'est l'utilisation du préservatif et la modification des comportement sexuels.»

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