Life

Les métros du monde entier se ressemblent de plus en plus

Slate.fr, mis à jour le 21.05.2012 à 12 h 39

Des métros étudiés par Marc Barthelemy et Camille Roth / Roth et al./JRSI

Des métros étudiés par Marc Barthelemy et Camille Roth / Roth et al./JRSI

Les systèmes de métro des grosses métropoles du monde entier sont progressivement en train de se ressembler de plus en plus, convergeant vers une même forme alors que les transports en commun souterrains desservent des villes à la géographie et à l'économie très différentes.

Des chercheurs français et britanniques se sont penchés sur les systèmes de métro de New York, Tokyo, Londres, Paris, Barcelone, Pékin ou Moscou (entre autres) pour comprendre la façon dont ils ont évolué, rapporte Wired, en les étudiant décennie par décennie.

Tous ces plans sont organisés aujourd'hui selon une structure de «noeuds» (les stations) et de branches (les lignes), avec un coeur du système correspondant au centre-ville, délimité par une boucle constituée d'une ou plusieurs lignes, d'où partent d'autres branches desservant la périphérie de la ville. Ce sont ces branches périphériques qui s'allongent au fil du temps.

Au point que dans toutes les villes étudiées, environ la moitié des stations du métro se trouvent dans ces branches périphériques, et l'autre dans le coeur du système. Et la distance entre le centre de la ville et le terminus le plus lointain fait le double du diamètre du coeur du système.

Pour le chercheur Marc Barthelemy, «on pouvait s'attendre à de nombreuses autres formes, comme celle d'une grille classique par exemple»:

«Ce qu'on trouve surprenant, c'est que dans toutes ces villes différentes, sur des continents différents, avec des contraintes géographiques et historiques différentes, mène finalement vers une même structure.»

Ça n'empêche pas des différences à l'intérieur de ces structures. Par exemple, comme le notait le blog La science infuse en mai 2011, après une présentation de leur projet par Marc Barthelemy et Camille Roth lors d'un colloque, la distance entre deux stations varie du simple au double entre New York (780 mètres) et Moscou (1,7 kilomètre).

Si les chercheurs continuent d'étudier les raisons qui ont pu mener à cette convergence de tous nos systèmes de transport souterrain, on sait déjà pourquoi ils ont tous en commun la fâcheuse habitude de vouloir tromper le voyageurEn 1933, Londres avait un système de lignes de métro dans lequel il était impossible de se retrouver.

L'ingénieur Harry Beck a alors eu l'idée de se priver de tout repère géographique et de dessiner un plan de métro compréhensible où toutes les stations se trouvent à égale distance et les lignes se distinguent par leurs couleurs. Ce fameux plan est devenu le symbole du métro londonien et sa formule magique a été adoptée dans le monde entier à Paris, à Rome, à Madrid, à Berlin, à Dublin….

Résultat, depuis que ces plans existent, les voyageurs ont sous les yeux des schémas de transport qui n'ont rien à voir avec la géographie des villes et les distances réelles entre les lieux. Ce n'est pas une fatalité, comme l'a montré un récent concours de plans de métro parisien par exemple.

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