Culture

La mort de Robin Gibb: les Bee Gees ne sont plus qu'un

Slate.fr, mis à jour le 21.05.2012 à 7 h 36

Robin Gibb en 2008. REUTERS/Luke MacGregor.

Robin Gibb en 2008. REUTERS/Luke MacGregor.

Terrible semaine pour le disco. Donna Summer s’est éteinte jeudi, et dimanche, c’est Robin Gibb, un tiers des Bee Gees, qui est décédé. Comme la reine du disco, victime d’un cancer. Le même — du côlon— que celui qui avait emporté le frère jumeau de Robin, Maurice, disparu en 2003. Robin Gibb avait 62 ans.

Né en Angleterre comme ses quatre frères, Robin a formé les Bee Gees avec deux membres de la fratrie après que la famille a déménagé en Australie à la fin des années 50. Mais c’est à leur retour à la mère patrie, au milieu des années 60, que la carrière du trio va décoller. Mais attention, repéré par le producteur Robert Stigwood, les Bee Gees ne seront pas les chauffeurs de boîtes de nuits qu’ils vont devenir dans les années 70.

Au contraire, au milieu des années 60, alors que l’Angleterre est le centre gravitationnel de la pop, les Bee Gees marcheront dans les pas des Beatles. C’est d’ailleurs la douce voix de Robin que l’on entendra sur les premiers tubes du groupe : le psychédélique New York Mining Disaster 1941, le cristallin I Started a Joke et le violoneux Massachusetts.

Une violente dispute entre Robin et Barry va mettre le trio en pause, jusqu’en 1972, quand la reformation du groupe finira par leur donner un premier hit aux Etats-Unis. Toujours du violon, toujours la voix de Robin, toujours des mélodies, toujours pas de sueur sur les dancefloors, mais un sacré groupe qui signe des bijoux pop comme Lonely Days ou Morning of my Life. Le groupe tient ses premiers succès, mais ce ne sera rien par rapport à ce qui va suivre.

Car les titres suivants ne décollent pas. La légende veut que ce soit Eric Clapton et Robert Stigwood, également producteur du guitariste, qui les mettent sur la voix de leur incroyable renommée. Alors que le trio commence à mettre du R&B dans son moteur, Eric Clapton leur suggère d’enregistrer au studio du 461 Ocean Boulevard à Miami. Là où il vient d’enregistrer l’album du même nom —qui inclus I shot the Sherif— en post rehab.

Il en sortira le très américain Mr Natural, douzième album du groupe —on se croirait dans une BO de Starsky et Hutch: du funk, de la dance et surtout, surtout, pour la première fois, le falsetto de Barry Gibb, la marque du groupe pour les années à venir. Jive Talking, un tube proto-disco comme le qualifie Rolling Stone, se classe en tête du hit parade américain.

Viendra, en 1977, le mégacarton. La Fièvre du samedi soir révèle les talents d’acteur et de danseur de John Travolta/Tony Manero, et fait exploser le disco aux Etats-Unis, toujours grâce à Robert Stigwood, producteur des Bee Gees et du film. La BO, essentiellement composée de titres de la fratrie comme Staying Alive, How Deep is your Love —exemple parfait du mélange des trois voix des frères Gibb— ou Night Fever, restera 24 semaines en tête du box-office américain et le look des frangins Gibb, pantalons très moulants, cheveux au vents, une preuve ultime du bon goût du milieu 70 (vous pouvez rire ici).

Après un tel succès, la carrière des Bee Gees ne pouvait que stagner. Il faut dire qu’ils ont tellement été associés au disco que la mort du style dans les années 80 leur a été un peu fatal. Robin est devenu producteur, notamment de Barbra Streisand. Le groupe, lui, a vivoté et a continué à jouer et enregistrer, jusqu’à la mort de Maurice.

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