Economie

Les capitalistes sont-ils tous des psychopathes?

Slate.fr, mis à jour le 14.05.2012 à 16 h 43

Tax the rich UCoccupationvia Flickr CC License by

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François Hollande déclarait il y a cinq ans qu'il n'aimait pas les riches. A en croire un article au vitriol de l'écrivain américain William Deresiewicz publié récemment par le New York Times, il n'avait peut-être pas tort.

Ce dernier cite une étude menée au début de l'année par le CFA Institute –dont l'ambition est de moraliser le monde de la finance et de l'investissement– selon laquelle au moins 10% des personnes qui travaillent à Wall Street sont des psychopathes contre 1% en moyenne dans le reste de la population américaine.

Ces personnes ont en général «un manque total d'intérêt et d'empathie pour ce que les autres ressentent et pensent». Elles sont capables de faire preuve «de beaucoup de charme, de charisme et d'intelligence» et «d'une capacité sans égale à mentir, inventer et manipuler». Une autre étude très sérieuse menée l'an dernier par l'université du Michigan conclut que les riches ont plus tendance à mentir, tricher et violer la loi que les autres. La lutte des classes bat son plein aux Etats-Unis.

Ce qui surprend le plus d'ailleurs William Deresiewicz, ce ne sont pas les conclusions de ses différentes études, mais la surprise qu'elles provoquent.

«Wall Street représente le capitalisme dans sa forme la plus pure et le capitalisme est fondé sur de mauvais comportements. Cela n'est pas vraiment une information nouvelle.»

Pour lui, les scandales récents mêlant des multinationales comme Enron, BP, Goldman, Philip Morris, G.E., Merck, Walmart, News Corp… les manipulations comptables, l'évasion fiscale, les rejets de substances toxiques, les surfacturations, les manipulations des appels d'offre, les dessous de table, les parjures, la destruction des terres, les torts faits aux consommateurs… ne sont pas des anomalies: «C'est comme cela que le système fonctionne, vous prenez tout ce que vous pouvez et tentez de jouer les innocents incompétents quand vous êtes pris

L'écrivain s'en prend aussi à la notion de «créateurs d'emplois». «Les riches méritent ainsi notre gratitude et tout ce qu'ils ont et le reste n'est que de la jalousie. Premièrement si les entrepreneurs sont des créateurs d'emplois, les travailleurs sont des créateurs de richesse… De plus, la plupart des riches ne sont pas des entreprises, ils sont cadres dirigeants dans des sociétés qui existent depuis longtemps, avocats et médecins à succès, sportifs et artistes connus et des gens qui ont tout simplement hérités de leur fortune, ou, qui travaillent à Wall Street

Le plus important, conclut William Deresiewicz, c'est que les riches «n'ont pas le monopole de l'intelligence, de la sueur et des risques. Il y a des scientifiques, des artistes et des universitaires qui sont aussi brillants que n'importe quel entrepreneur et sont intéressés par des récompenses différentes…».

 

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