Monde

Les riches chinois tentés par l'exil

Slate.fr, mis à jour le 12.05.2012 à 15 h 12

Dans une usine de fabrication de drapeaux, derniers préparatifs avant les cérémonies marquant le 90e anniversaire du PCC, le 1er juillet 2011. REUTERS/David Gray

Dans une usine de fabrication de drapeaux, derniers préparatifs avant les cérémonies marquant le 90e anniversaire du PCC, le 1er juillet 2011. REUTERS/David Gray

Il n'y a pas que les riches français tentés par la fuite et l'expatriation. Selon le très sérieux Wall Street Journal, de plus en plus de riches chinois rendus inquiets par les troubles politiques au sein du parti communiste et la perspective d'un ralentissement de la croissance avec pour corollaire une crise sociale, songent à quitter le pays et surtout à obtenir un sauf conduit, à savoir un lieu de résidence à l'étranger et une autre nationalité.

Ainsi, le nombre de dossiers déposés par des Chinois pour obtenir le droit d'émigrer aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni s'est envolé au cours des derniers mois. Autre indice qui ne trompe pas, l'an dernier 75% des dossiers déposés auprès des autorités américaines dans le cadre de l'échange de la nationalité contre des investissements l'ont été par des citoyens chinois.

Selon ce programme, qui sera revu par le Congrès en septembre, les appliquants et leur famille proche obtiennent un droit de résidence permanent aux Etats-Unis s'ils effectuent un investissement d'au moins un million de dollars aux Etats-Unis permettant la création de dix emplois dans les deux ans. La somme est de seulement 500.000 dollars si l'investissement est réalisé dans une zone rurale ou à fort taux de chômage.

Selon des avocats cités par le Wall Street Journal, ce programme attire encore plus de monde depuis la mystérieuse chute du clan Bo Xilai qui a secoué les cercles dirigeants du parti communiste chinois. «La situation politique a augmenté l'anxiété et les riches cherchent à obtenir des visas», résume Richard Kurland, un avocat spécialiste de l'immigration de Vancouver au Canada.

Le programme canadien d'immigration pour les investisseurs qui recquiert pour les appliquants d'investir 800.000 dollars canadiens sur cinq ans sans intérêt est aujourd'hui saturé pour plusieurs mois. Les 700 dossiers autorisés par l'Etat fédéral pour l'année sont remplis dont 697 par des chinois. Et il faut maintenant en moyenne deux ans pour obtenir une réponse du programme américain de même nature lui aussi saturé. Du coup, des riches chinois essayent d'obtenir des visas de petites îles nations des Caraïbes comme St. Kitts et Nevis voire même de Bulgarie.

Pour devenir citoyen  de St. Kitts, par exemple, il suffit de faire un don de 250.000 dollars à la «Sugar Industry Diversification Foundation» (Fondation de diversification de l'industrie du sucre) du pays ou d'acheter un bien immobilier pour 450.000 dollars. St. Kitts ne recquiert pas que les citoyens vivent dans le pays et peut même expédier les passeports par la poste.La procédure prend quelques mois.

En Bulgarie, il faut investir un million de levs (environ 670.000 dollars) dans un portefeuille d'obligations d'Etat pour cinq ans pour avoir immédiatement le droit de devenir résident et obtenir la nationalité en cinq ans.

Le plus inquiétant dans cette soudaine angoise des riches chinois est surtout ce qu'elle signifie: que la Chine, le moteur de l'économie mondiale, est instable politiquement, économiquement et socialement.

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