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Israël: l'union nationale prélude à la guerre?

Slate.fr, mis à jour le 12.05.2012 à 10 h 46

Le pilote israélien d'un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen.

Le pilote israélien d'un F-16I en 2007. REUTERS/Gil Cohen Magen.

Avec un nouveau gouvernement d'union nationale et la ralliement au Premier Ministre Benjamin Netanyahou du parti centriste Kadima et de son leader Shaoul Mofaz, les Etats-Unis s'inquiétent sérieusement d'une attaque israélienne des installations nucléaires iraniennes à tout moment. Sachant que si cette guerre «préventive» a lieu, ce sera avant l'élection présidentielle américaine de novembre qui rend plus difficile pour l'administration Obama de contraindre par des sanctions le gouvernement israélien à ne pas se lancer dans une aventure militaire.

Le sentiment de l'imminence d'un conflit est partagé par le chroniqueur du Washington Post Charles Krauthammer. Il explique que la formation d'un gouvernement d'union nationale en Israël lui rappelle étrangement les évènements de mai et juin 1967 quand une alliance militaire entre l'Egypte, la Syrie et la Jordanie lancée dans un grand élan de nationalisme arabe par Nasser menaçait l'existence même de l'Etat d'Israël et qu'en réponse un gouvernement d'union nationale allait décider de se lancer dans la guerre préventive des six jours. «Quarante cinq ans plus tard, dans la nuit du 7 au 8 mai, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a surpris son pays en associant à son gouvernement Kadima le principal parti d'opposition… Parce que pour les Israéliens, aujourd'hui c'est mai 1967. Le temps commence à manquer… Israël fait face aujourd'hui à la plus grande menace pour son existence depuis mai 1967, l'arme nucléaire aux mains de mollah apocalyptiques qui ont publiquement annoncé l'annihilation d'Israël. Et le monde dit à nouveau aux Israéliens de ne rien faire…»

Un gouvernement d'union nationale n'est pas chose courante, y compris en Israël et même pendant les périodes de guerre et d'extrême tension. Tant que le scénario était celui d'élections législatives anticipées en Israël en septembre, l'administration Obama estimait qu'il n'y aurait pas d'attaque contre les installations nucléaires iraniennes avant octobre et que la fenêtre de tir pour l'aviation israélienne serait d'à peine quelques semaines. Mais avec un gouvernement d'union nationale disposant d'une très forte majorité au parlement tout change.

Pour Voice of America, cela ne signifie pas qu'il existe aujourd'hui un consensus au sein du cabinet israélien pour attaquer l'Iran, mais que si un consensus est trouvé, il aura bien plus de force car il sera appuyé par une large majorité des forces politiques du pays. La radio publique américaine rappelle aussi que le dirigeant de Kadima, Shaoul Mofaz, d'origine iranienne et ancien chef d'état-major de l'armée israélienne, déclarait il y a un mois dans une interview que: «permettre à l'Iran d'obtenir une capacité nucléaire changerait les rapports de force dans la région et qu'Israël ne peut pas l'accepter»

Le ministre de la défense israélien Ehud Barak a été plus explicite en expliquant le 1er mai qu'à ses yeux: l'Iran disposant d'une arme nucléaire est plus dangereux qu'une attaque contre l'Iran. «Je pense que cela est bien compris à Washington et à Jérusalem qu'aussi longtemps qu'il y aura une menace existentielle contre notre peuple, toutes les options pour empêcher l'Iran d'avoir une armé nucléaire doivent rester sur la table. J'ai suffisamment d'expérience pour savoir qu'une option militaire n'est pas simple. Cela sera compliqué avec des risques associés. Mais une République islamique d'Iran radicale avec des armes nucléaires sera plus dangereuse pour la région et pour le monde».

Et Charles Krauthammer de conclure son éditorial: «Netanyahou a annulé les élections de septembre qui lui auraient donné quatre années de plus au pouvoir. Il a choisi à la place de former une coalition nationale qui lui garantit 18 mois de stabilité - 18 mois durant lesquels, si le monde n'agit pas pour stopper l'Iran (par la diplomatie ou d'autres moyens), Israël le fera».

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