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Bientôt un vrai remède contre la gueule de bois?

Mathilde Sagaire, mis à jour le 22.02.2013 à 13 h 43

Drinks at The Foundation lpolinsky via Flickr CC License by

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Yunfeng Lu, professeur de génie chimique et biomoléculaire à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et ses collègues ont trouvé un moyen d'accélérer le processus naturel d’élimination de l’alcool du corps, rapporte UCLA Newsroom.

Dans un article publié le 17 février dans la revue Nature Nanotechnology, les scientifiques expliquent qu'en plaçant deux enzymes complémentaires dans une nanocapsule et en l'injectant dans l'organisme, il serait possible accélérer l’élimination de l’alcool par le corps.

Comment fonctionne cette combinaison d'enzymes? Une enzyme dit oxydase peut par exemple éliminer l’alcool par oxydation, mais produit également du péroxyde d'hydrogène, un élément toxique. Mais un autre type d’enzyme, un catalase, est capable de décomposer le péroxyde d'hydrogène en eau et en oxygène. En plaçant les deux enzymes ensemble, on peut alors éliminer efficacement l’alcool.

Cette nouvelle méthode, testée sur des souris pour connaître son effet en tant qu’antidote après consommation d’alcool, a donné des résultats satisfaisants. Les scientifiques se sont aperçus que le niveau d’alcool dans le sang des souris qui ont reçu les enzymes est ainsi descendu plus rapidement que celles qui n’avaient rien reçu. UCLA Newsroom détaille:

«Leur niveau d’alcool dans le sang était 15,8% plus bas que le groupe test après 45 minutes, 26,1% plus bas après 90 minutes et 34,7% plus bas après 3 heures.»

Encore mieux, les enzymes, testées comme prophylactiques et ingérées en même temps que l’alcool sont également efficaces. Les souris alcoolisées et traitées présentaient des taux de 10,1% plus bas après 45 minutes, 31,8% après 90 minutes, et 36,8% après 3 heures.

Les chercheurs imaginent que ce traitement pourrait être administré sous la simple forme d’une pilule. Le professeur Lu précise:

«La pilule agit d'une manière extrêmement similaire à celle du foie. Avec des recherches approfondies, cette découverte pourrait servir comme mesure préventive ou comme un antidote contre l’intoxication à l’alcool.»

Mais bien que les résultats de la recherche soient satisfaisants, le remède n'est pas adapté à la consommation humaine pour le moment, précise The Inquisitr. Pour le professeur Martina Stenzel, experte en nanoparticules polymères, interrogée par MSN NZ, les scientifiques en savent encore trop peu sur les nanoparticules et leurs conséquences sur l'être humain.

«Cela montre à quel point les nanotechnologies peuvent être puissantes, mais il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas à propos des nanoparticules sur le long terme. Ils en parlent comme protégeant le foie, mais il est possible qu’elles soient présentes pour une période plus grande et qu'elles provoquent en fait des dégâts sur le foie.» 

Mathilde Sagaire
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