Economie

Le pape, pas si opposé au mariage des prêtres

Mathilde Sagaire, mis à jour le 21.03.2013 à 19 h 00

Le pape François, le 14 mars 2013. REUTERS/Alessandro Bianchi

Le pape François, le 14 mars 2013. REUTERS/Alessandro Bianchi

Le pape François ne semble pas aussi inflexible que ses prédécesseurs sur la question du mariage des prêtres. Dans un livre de conversations paru en 2012, Sobre el Cielo y la Tierra (Sur le Ciel et la Terre), il aborde le sujet du célibat et avoue même avoir eu le béguin pour une fille lorsqu'il était séminariste. La conversation entre Jorge Bergoglio et un rabbin, Abraham Skorka, a été publiée par le site catholique d'informations Aleteia.

Alors qu'il était encore archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio raconte avoir déjà été tenté dans son célibat lorsqu'il était jeune:

«Quand j’étais séminariste, j’ai été ébloui par une fille que j’avais rencontrée au mariage d’un oncle. J’avais été surpris par sa beauté, sa brillance intellectuelle… eh bien, j’ai été renversé pendant un bon moment. Je ne cessais de penser et penser à elle. Quand je suis retourné au séminaire après le mariage, je n’ai pas pu prier pendant une semaine parce que, quand j’essayais de le faire, la fille me venait en tête. J’avais besoin de repenser à ce que j’étais en train de faire, j’étais toujours libre car j’étais un séminariste, donc j’aurais pu rentrer à la maison et voilà. Je devais réfléchir de nouveau à mon choix. J’ai choisi de nouveau –ou je me suis laissé choisir par– le chemin religieux.»

Dans la suite de l'entretien, il fait preuve d'une certaine ouverture d'esprit face au mariage des prêtres, en déclarant que la tradition du célibat «est une question de discipline», et que donc «cela peut changer».

Il rappelle que le choix du célibat n'a été fait qu'à partir de l'année 1100, de manière progressive, opposant peu à peu l'Eglise d'Orient, qui autorise le mariage (précisément les églises byzantines, ukrainiennes, russes ou grecques-catholiques), et celle d'Occident qui le récuse. A propos des prêtres mariés d'Orient, ils sont pour lui «de très bons prêtres».

Cependant, il continue «pour le moment [d'être] en faveur du maintien du célibat, avec tous ses pour et ses contre, parce que nous avons dix siècles de bonnes expériences plus que d’échecs.[...] Pour l’instant, la discipline du célibat reste ferme». Mais il laisse exister la possibilité d'un débat: 

«Dans le catholicisme occidental, certaines organisations mettent la pression pour plus de discussion à propos de cette question.  […] Si hypothétiquement, le catholicisme occidental revoyait la question du célibat, je pense  qu’il le ferait pour des raisons culturelles, pas tellement comme une option universelle.»

Pour le vaticaniste Thomas Reese, interrogé par NBC News, ces remarques sont surprenantes car «les dernier papes avaient été très clairs sur le fait qu’ils n’étaient pas ouverts pour changer cela ou en discuter.[...] On dirait qu'il pourrait vouloir en parler».

Mathilde Sagaire
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