Life

Le manque de sommeil affecte le corps jusque dans nos gènes

Mathilde Sagaire, mis à jour le 26.02.2013 à 16 h 48

Sleeping in the subway Smath. via Flickr CC License by

Sleeping in the subway Smath. via Flickr CC License by

Ne pas assez dormir plusieurs nuits de suite perturbe, tout le monde s'en rend ou s'en est déjà rendu compte. Ce qui est moins visible, c'est que cela peut avoir des conséquences sur des centaines de gènes essentiels pour être en bonne santé. «Un sommeil insuffisant et des troubles du rythme circadien sont associés à des conséquences négatives sur la santé, telles que l’obésité, des maladies cardio-vasculaires, et des troubles cognitifs, mais les mécanismes impliqués demeurent largement inexplorés [...]», peut-on lire dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences qui publie une étude commentée dans The Guardian publie le 25 février.

Pour comprendre ces mécanismes, des scientifiques anglais du Centre de Recherche sur le Sommeil du Surrey, dirigés par le Professeur Derk-Jan Dijk, ont mené une expérience sur 26 personnes âgées entre 23 et 31 ans pendant 12 jours. Pendant une semaine, les volontaires étaient autorisés à dormir pendant 10 heures, et la semaine suivante plus que 6 heures.

Après chaque semaine, des tests sanguins ont été effectués. Ces analyses ont montré que le manque de sommeil modifiait l'intensité de l’activité de plus de 700 gènes, parmi eux ceux liés au stress et à la lutte contre les maladies. The Guardian commente:

 «Ces changements devraient mettre en lumière les mécanismes biologiques qui augmentent le risque de souffrir de certaines maladies lorsque l’on manque de sommeil, telles que les maladies cardiaques, le diabète, l’obésité, le stress et la dépression.»

Les chercheurs ont également constaté que la privation de sommeil a un impact fort et durable sur les gènes qui gouvernent notre horloge biologique. En temps normal, durant la journée, l’activité de certains gènes augmente et diminue. Mais avec la privation de sommeil, les chercheurs ont constaté que certains ne fonctionnaient plus du tout.

«La surprise pour nous a été qu’une différence relativement modeste dans le temps de sommeil mène à ces types de changement», a déclaré le Professeur Derk-Jan Dijk. Mais pour le moment les scientifiques ne peuvent encore dire si ces modifications des gènes sont une réponse de court terme et sans danger à un sommeil de mauvaise qualité, un signe d’adaptation du corps à la privation de sommeil, ou un danger potentiel pour la santé.

Mathilde Sagaire
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