Espagne: le parti de Mariano Rajoy soupçonné de corruption

Un homme brandit une enveloppe contenant un billet de 500 euros, où est écrit «corrompus», lors d'une manifestation à Madrid le 1er février dernier. REUTERS/Susana Vera

Mercredi 6 février, le parquet anti-corruption a auditionné Jorge Trías, ancien député du Parti populaire (formation de l’actuel Premier ministre Mariano Rajoy) et Luis Bárcenas, ancien trésorier du parti dans le cadre d’une présumée affaire de corruption qui éclabousse le parti, rapporte El País.

Les interrogatoires portaient sur des documents révélés au grand jour par le quotidien espagnol le 31 janvier, des pages manuscrites extraites de livres de compte tenus par Luis Bárcenas entre 1990 et 2008, et où figurent des entrées et sorties d'argent suspectes.

Surnommée «comptabilité B», elle contient en effet des dons patronaux supérieurs au montant maximum (100.000 euros) prévus par la loi de financement des partis politiques, des remises en espèces à des dirigeants du PP –dont Mariano Rajoy–, et des paiements périodiques à tous les dirigeants du parti depuis 1997. De plus, certains dons ont été faits par des entreprises adjudicataires de contrats publics, ce qu’interdit également cette même loi.

«Ce qu’il s’agit alors de déterminer, selon des sources de l’enquête, c’est si une partie de ces dons ont été versés au parti pour obtenir lesdits contrats, ce qui déterminerait d’autres délits de corruption, prévarication, malversation de fonds publics et trafic d’influence.»

Mercredi, la justice est parvenue au terme de ces interrogatoires à certifier ces notes comme appartenant au livre de compte de Bárcenas, par le biais de l’ancien élu Jorge Trías, selon les sources du journal.

«Le ministère public lui a montré les 14 pages de la supposée comptabilité de Bárcenas [...] et Trías a admis, sans émettre un seul doute, qu’il s’agissait du même manuscrit que celui que l’ancien trésorier lui avait présenté il y a quelques années.»

Jorge Trías, tout comme l’ancien trésorier, ont cependant nié le caractère opaque et illégal de cette «comptabilité B». Luis Bárcenas, interrogé dans la même journée, a expliqué s’être occupé des comptes officiels et répété qu’il n’y a pas eu de comptes dissimulés au fisc, ni gratifications pour les dirigeants. Il n’a pas remis en cause l’authenticité des documents publiés par le journal, bien qu’il ait nié en être l’auteur, fidèle à un communiqué qu’il avait déjà publié auparavant. Il a dû se soumettre à un test d’écriture qui déterminera si sa calligraphie correspond à celles des notes manuscrites.

Le parquet se prépare dorénavant à convoquer et interroger la quinzaine de personnes et patrons cités dans les documents comme donateurs. Certains ont déjà nié avoir procédé à ces paiements. El País explique:

«L’enquête consiste à chercher des indices contre des personnes concrètes, qui permettront au ministère public de décider s’il est possible de porter l’affaire au pénal sur ces apports, avant la Semaine Sainte.»

Depuis le début du scandale, l'opposition réclame la démission de Mariano Rajoy et des membres du PP cités dans ces documents, ainsi que la convocation d'élections anticipées. Ils sont appuyés par des milliers d'anonymes qui ont déjà manifesté plusieurs jours consécutifs dans les rues de Madrid et Barcelone.

Photo: Un homme brandit une enveloppe contenant un billet de 500 euros, où est écrit «corrompus», lors d'une manifestation à Madrid le 1er février dernier. REUTERS/Susana Vera
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Publié le 07/02/2013
Mis à jour le 07/02/2013 à 17h06