Économie

Etats-Unis: dès six mois de chômage, la probabilité d'être embauché diminue fortement

Temps de lecture : 2 min

Job Search Tax Credits via Flickr CC License by
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La crise économique et le chômage font partie de l'angoissante réalité du moment. Mais ce serait du chômage de longue durée dont il faudrait surtout se méfier. The Atlantic fait en effet état d'une étude élaborée il y a peu par deux économistes montrant que les employeurs ont tendance à moins embaucher les personnes qui sont au chômage depuis plus de six mois que les autres.

Cette affirmation se base sur une étude réalisée par deux économistes, Rand Ghayad, chercheur à la Réserve Fédérale de Boston et William Dickens, professeur d’économie à la Northeastern University. Ils ont étudié la courbe de Beveridge pour tous les âges, industries et niveaux d’éducation afin de voir qui ne profite pas de la reprise de l’économie américaine.

La courbe de Beveridge met en rapport le taux de chômage et le taux d’emplois vacants. Logiquement, plus le nombre d’emplois disponibles est important, plus le taux de chômage sera faible. Plus les employeurs ont besoin d’embaucher, plus ils seront prêts à le faire et cela même si les employés recrutés ne les satisfont pas pleinement. Pour Beveridge, il y a «plein-emploi» dans une économie quand le nombre de chômeurs est égal au nombre d’emplois vacants, car cela veut dire que les employeurs ne trouvent pas de travailleurs qui leur conviennent et inversement.

En s'appuyant sur cette théorie, Ghayad et Dickens ont trouvé que la courbe semblait normale pour tous les âges, industries ou niveaux d’éducation, tant que les personnes ne dépassaient pas les six mois de chômage. Le journaliste de The Atlantic résume: «[…] Tout ce qui compte, c’est combien de temps vous avez été sans travail».

Pour rendre compte de l’ampleur du phénomène, Ghayad a envoyé 4.800 candidatures fictives pour 600 offres d’emploi, dont 3.600 étaient des fausses personnes au chômage, afin de voir quelles personnes allaient être rappelées. Il a changé à chaque fois les temps sans travail, la fréquence de changement d’emploi et leur expérience. Le reste était similaire.

Résultat: les employeurs préfèrent les postulants qui n’ont pas été très longtemps sans emploi, ceux qui ont de l’expérience et ceux qui n’ont pas beaucoup changé de travail. «Mais le temps pendant lequel vous avez été sans emploi annule ces autres facteurs».

Comme le souligne le journaliste de The Atlantic:

«Le pire résultat pour nous tous est si les chômeurs de longue durée deviennent inemployables. Cela réduirait de manière permanente notre capacité productive.»

En France, les chiffres du chômage pour février 2013 ont révélé sa nouvelle progression globale, et surtout celle du chômage de longue durée, comme le notait Libération. Ce dernier a atteint son «record en valeur absolue» avec une augmentation de 14,7% sur un an et près de 2 millions de personnes inscrites depuis plus d’un an à Pôle Emploi, dont un demi-million sans travail depuis plus de trois ans. Ils représentent aujourd’hui 40% des chômeurs de France.

Mathilde Sagaire

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