Passer un jour à Pékin équivaut à fumer un paquet de cigarettes

-Une femme portant un masque de protection à Pékin. REUTERS/Jason Lee-

Lors des pics de pollution les plus sévères, respirer à Pékin pendant une journée revient à fumer 21 cigarettes. Ce résultat inquiétant provient d'une récente enquête, rapportée par le journal japonais The Asahi Shimbun AJW, sur la pollution de l'air dans plusieurs villes chinoises. Le taux de particules fines mesuré a été converti en goudron de cigarettes. La ville la plus polluée est Guangzhou avec 25 cigarettes.

Ce sont ces particules fines, dîtes PM 2.5 - c'est-à-dire ayant un diamètre inférieur à 2,5 micromètres - qui composent en partie la pollution atmosphérique. Leur taille microscopique les rend particulièrement dangereuses car elles «peuvent être inhalées profondément dans les poumons et absorbées dans les vaisseaux sanguins, provoquants de l’asthme, des maladies cardiaques, et augmentant les risques de mortalité».

Les experts de la santé recommandent fortement aux habitants de porter des masques chirurgicaux pour se protéger de ces particules, qui lors de forts épisodes de pollution peuvent provoquer des problèmes respiratoires.

Depuis janvier, le nord-est de la Chine connaît des pics de pollution atmosphérique d'ampleur inédite recouvrant Pékin et ses alentours d'un nuge gris et opaque. Selon un professeur de l’université de Tsinghua, «si l’index de qualité de l’air en concentrations de PM 2,5 atteint 300, cela correspondrait à fumer 20 cigarettes par jour.» 

Or à Pékin, les taux de particules de PM 2.5 ont dépassés les 300 durant au moins 15 jours en janvier. Encore pire, le taux atteint régulièrement un niveau de 500 sur un index qui considère un taux supérieur à 300 comme dangereux. Le 12 janvier, il est même monté jusqu'à la barre des 755. Pour repère, l'Organisme Mondial de la Santé recommande de ne pas dépasser un taux de 20 par jour.

La fumée des usines et des centrales thermiques, les millions de véhicules de la capitale chinoise, combinés à un vent venant du désert de Gobi seraient responsables du nuage de pollution. Face à cette situation et l'indignation publique, le gouvernement chinois a promis de prendre des mesures pour réduire la pollution, comme diminuer le nombre de voitures en circulation ou favoriser les énergies propres.

Cependant, il faudra surement en faire plus. L'Agence d'Information sur l'Energie américaine, dans un rapport publié fin janvier a montré que la Chine consomme actuellement presque autant de charbon que tous les autres pays réunis, avec 3,47 milliards de tonnes contre 3,9.