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Pour échapper à la censure en Chine, mieux vaut tweeter à l'heure du JT

Weibo.com Logo / bfishadow via Flickr CC License by

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Twittos chinois, pour contourner (un temps) la censure, levez-vous tôt ou publiez à 19 heures. C'est ce qui ressort d'une étude conduite par des scientifiques américains sur les pratiques de censure du gouvernement chinois sur le Twitter national, Weibo, qui est reprise par le site MIT Technology Review.

Créé en 2010 et fort de 300 millions d’utilisateurs et de 70.000 messages par minute (soit 100 millions de messages par jour), ce réseau social pèse d'un poids qui «fait du processus de censure une tâche difficile pour les autorités chinoises. La question intéressante est alors [de savoir] comment ils procèdent».

L'approche des chercheurs a consisté à collecter les posts d’un échantillon de 3.500 utilisateurs pendant 15 jours et ensuite de les «tracer» pour repérer lesquels étaient supprimés. Ils se sont aperçu que 4.500 posts ont été supprimés chaque jour, soit 12% du total des messages.

Premier constat: les scientifiques se sont rendu compte que la suppression était rapide.

«En se concentrant sur les posts originaux [...], nous avons observé que près de 30% du total des suppressions ont eu lieu dans les 5 à 30 minutes. Près de 90% des suppressions ont lieu dans les premières 24 heures.»

L’étude a permis aussi de repérer les moments où la censure est moins active. Les censeurs, sans surprise, sont moins efficaces la nuit, car moins nombreux à travailler. Il y a également des retards de censure le matin. Mais, chose étonnante, il y a également une baisse de la censure vers 19h, moment du journal télévisé.

Graphique du nombre de suppression de posts sur 24h

Mais comment censurent-ils Weibo? Pour les chercheurs, ils utilisent probablement un système d’alertes sur certains mots-clés. Ils ont mis au point un tableau des sujets censurés, où l'on retrouve notamment «soutien aux rebelles syriens», «liberté d’expression», «Hong Kong», «abus de la politique de l’enfant unique», ou encore «gouvernement» ou «sexe en groupe».

Mais ce système a des limites, les scientifiques supposant que les autorités ciblent en majorité les utilisateurs qui ont déjà été censurés, puisqu'ils ont tendance à l'être plus rapidement que les autres.

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