Monde

Peut-être la fin des décapitations en Arabie saoudite par manque de coupeurs de têtes

Mathilde Sagaire, mis à jour le 12.03.2013 à 13 h 27

Sabre briquet Rama, modified by Luk via Wikimedia Commons License by-sa

Sabre briquet Rama, modified by Luk via Wikimedia Commons License by-sa

L’Arabie saoudite pourrait en finir avec la décapitation par sabre... par manque de coupeurs de têtes, relaye Ahram Online, site web en langue anglaise du quotidien égyptien Al-Ahram, selon des informations publiées par le journal saoudien Al-Youm

Un comité composé de représentants des ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé s’est réuni afin de considérer l'éventuel remplacement de la décapitation par sabre par un peloton d’exécution pour les exécutions publiques. La raison en est essentiellement pratique: un manque de bourreaux disponibles maîtrisant le sabre.

Selon des sources citées par le quotidien Gulf News:

«Ils ne sont pas disponibles partout rapidement et dans certaines occasions, des exécutions ont été marquées par la confusion parce que le bourreau était en retard […], provoquant des troubles et le déclenchement de spéculations et rumeurs.»

L'Arabie saoudite est le pays qui applique la charia de la manière la plus dure. Selon sa stricte interprétation de la loi islamique, le viol, le meurtre, l’apostasie, le vol à mains armées ou le trafic de drogues sont punis par la peine de mort.

Le comité a affirmé que ce changement, s’il est officiellement entériné, ne violerait pas la charia, autorisant les chefs ou émirs des 13 régions administratives à utiliser la mort par fusillade si nécessaire.

Amnesty International recense que depuis le début de l’année 2013, 17 personnes ont été exécutées. Le nombre d’exécutions s’élèverait à au moins 82 personnes en 2011 et 2012. Human Rights Watch en a dénombré 69 en 2012. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde à pratiquer la décapitation.

Ahram rappelle que la décapitation est depuis toujours une source de tension entre le Royaume et la communauté internationale. Le cas de l’exécution en janvier dernier d’une domestique sri-lankaise accusée d’avoir tué le bébé de son employeur en 2005 avait soulevé une nouvelle vague de critiques. Human Rigth Watch avait notamment souligné que Rizana Nafeek était âgée de seulement 17 ans au moment des faits, et que «le droit international interdit la peine de mort pour les crimes commis avant l'âge de 18 ans». La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton avait à l'occasion rappelé l'opposition de l'UE à la peine de mort «dans tous les cas et toutes les circonstances».

Mathilde Sagaire
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