Monde

Mal-aimés, les touristes allemands boudent la Grèce

Slate.fr, mis à jour le 09.05.2012 à 16 h 27

Des touristes à Herakleion en Grèce en août 2011, REUTERS/Image Photo Services

Des touristes à Herakleion en Grèce en août 2011, REUTERS/Image Photo Services

Angela Merkel représentée sur la une d'un journal grec en uniforme nazi, le drapeau allemand brûlé lors d'une manifestation, des articles de presse évoquant un climat anti-allemand manifestement très répandu... Tout concourt à ôter l'envie aux Allemands de passer leurs vacances en Grèce, explique l'hebdomadaire économique Handelsblatt, qui reprend sur son site un reportage de Reuters.

Qui en effet a envie de prendre le risque d'être regardé comme un nazi lors des jours les plus précieux de l'année? «Beaucoup hésitent, car il y a des reportages qui expliquent que les Allemands risquent de se faire insulter et qu'il y a beaucoup de grèves. Seuls les fans purs et durs de la Grèce continuent de réserver», explique un employé d'un grand voyagiste allemand.

Au début de l'année, le nombre de touristes allemands a déjà légèrement chuté, passant de 695.700 visiteurs en janvier et février 2011 à 618.400 sur la même période cette année, indique l'hebdomadaire Spiegel. Les dépenses sur place ont par contre énormément diminué, passant de 26,7 à 10,3 millions d'euros, et la durée moyenne des séjours a raccourci.

La haute saison, qui commence traditionnellement à Pâques, s'annonce plus difficile encore, les réservations étant en baisse de 30% par rapport à l'an dernier chez les touristes allemands. En leur absence, le secteur du tourisme, qui est le plus important de l'économie grecque –il représente 15% du PIB et emploie un Grec sur cinq– risque de souffrir cette année d'une baisse de 5% de son chiffre d'affaires global.

La branche touristique est particulièrement touchée à Athènes, où les hôtels sont contraints de casser les prix pour parer à la crise, beaucoup offrant des rabais de plus de 50% sur leurs nuitées. Pour tenter d'attirer les touristes allemands indécis, les îles grecques bradent elles aussi désormais leurs prix, promettant des remises de 30% au printemps et à l'automne dans les hôtels, les restaurants et les cafés, mais également dans les magasins de souvenirs et les épiceries, explique le Spiegel.

Une situation qui inquiète Andreas Andreadis, qui préside l'association des entreprises du tourisme grec, cité par le Handelsblatt:

«Il ne s'agit plus d'un combat entre politiciens. L'altercation a gagné le peuple. Nous devons à nouveau améliorer les relations entre les deux peuples et laisser de côté tous les conflits entre les banques et les politiciens.»

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