Culture

Le Pentagone a abandonné sa coopération avec «Avengers» parce que le film était trop «irréaliste»

Temps de lecture : 2 min

L'affiche d'«Avengers».
L'affiche d'«Avengers».

Le film de super-héros des comics Marvel Avengers bat des records au box-office mondial et américain, avec un carton total de 654,8 millions de dollars (502,3 millions d'euros) après seulement deux semaines dans les cinémas internationaux et une dans les américains.

C'est plus que l'argent récolté par n'importe quel film précédent des studios Marvel, y compris Iron Man 2 (qui a fait 624 millions de dollars sur la totalité de sa présence en salle).

Le Pentagone est-il en train de se mordre les doigts? Le département de la Défense américain, qui travaillait avec les studios Marvel sur Avengers, a abandonné cette coopération parce que le film n'était pas suffisamment «réaliste», rapporte le blog Danger Room de Wired.

C'est sûr qu'un film avec des superhéros, des demi-dieux extraterrestres et des invasions intergalatiques via des portails d'énergie ne présentent pas le summum du réalisme en termes de bureaucratie militaire, note Danger Room (on peut cependant se demander pourquoi le Pentagone ne s'en est pas aperçu dès la lecture du scénario).

Le problème pour le Pentagone, c'était S.H.I.E.L.D, l'organisation internationale plus ou moins militaire dont Nick Fury (Samuel L. Jackson) est en charge, et ses relations floues avec les Etats-Unis, explique le chargé de liaison avec Hollywood du Département de la Défense Phil Strub:

«On ne pouvait pas réconcilier la non-réalité de cette organisation internationale et notre place dans cette organisation. Devant qui S.H.I.E.L.D est-elle responsable? Est-ce qu'on était censés travailler pour S.H.I.E.L.D? On s'est retrouvé face à cet obstacle et on a décidé qu'on ne pouvait rien faire.»

Presque rien faire, note Wired, puisque dans une scène de bataille dans Manhattan, le ministère de la Défense a autorisé Marvel à filmer de vrais camions militaires.

L'administration américaine aide régulièrement des films dans diverses mesures, comme nous vous l'expliquions en septembre 20011: la CIA a elle aussi un officier spécifiquement en charge de l'industrie du divertissement, prêt à vous donner trucs et astuces sur les secrets des militaires américains, voire proposer des idées de scénario!

L'idée étant de s'assurer que les petites mains de l'armée américaine et du département de la Défense soient dépeints de la manière la plus positive possible.

Et le gouvernement américain ne s'associe pas qu'aux films totalement réalistes ou traitant spécifiquement de l'armée: il a par exemple travaillé avec Michael Bay sur les trois Transformers, amenant le Washington Post à qualifier ces films de «propagande subventionnée par le gouvernement».

Slate.fr

Newsletters

Deux romans «la vie cette pute» qui ne donnent pas franchement envie de reprendre du pop-corn

Deux romans «la vie cette pute» qui ne donnent pas franchement envie de reprendre du pop-corn

RENTRÉE LITTÉRAIRE – Pessimisme de l'écrivain sans avenir et Jésus-Christ désabusé: les chemins de croix d'Olivier Adam et Amélie Nothomb montrent la difficulté à peindre une noirceur crédible.

Le Luberon de Willy Ronis

Le Luberon de Willy Ronis

«Willy Ronis a découvert le Luberon en 1947 et a fini par s'y installer définitivement, en 1972. Il y a mené de nombreux reportages et avait en permanence son appareil photo avec lui, avec l'envie, toujours, de montrer les gens au...

«Unbelievable», série palpitante et indispensable

«Unbelievable», série palpitante et indispensable

La nouvelle série Netflix n'est pas que le portrait d'une femme victime d'un prédateur puis d'un système sexiste et défaillant.

Newsletters