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Grèce: des néo-nazis au Parlement et une grande colère contre l'Europe

Temps de lecture : 2 min

Greece Flage/Abdellah Via Flickr CC License by

Comme l'explique le Guardian, la politique d'austérité menée en Grèce depuis deux ans a été massivement censurée dimanche 6 mai lors des élections législatives. Les électeurs ont exprimé leur colère en votant massivement pour les partis d'exrême droite et d'extrême gauche et en laminant les positions des deux partis traditionnels. Les néo-nazis grecs font ainsi leur entrée au parlement.

Un vote contre la politique de rigueur

La Nouvelle Démocratie (droite) qui s'est engagée comme le Pasok socialiste auprès de l'Union européenne à poursuivre la politique de rigueur, est bien, comme prévu, le premier parti de Grèce. Mais son score est très bas et elle recueille seulement 18,8% des voix. Dans le même temps, le Pasok a obtenu 13,2% des suffrages. Au total les deux partis de gouvernement ont 149 sièges et il en faut 151 pour constituer une majorité. Ce résultat ne permet pas à la Nouvelle Démocratie et au Pasok de constituer un gouvernement stable indique le Guardian.

«Les partis au pouvoir ont été frappés par un tremblement de terre. Il a écrasé le Pasok et a envoyé une forte secousse à la Nouvelle Démocratie», déplore le ministre des Affaires étrangères, Panos Panagiotopoulos sur la chaîne de télévision grecque Méga. Le risque est aujourd'hui grand de voir réduits à néant les efforts de redressement des finances du pays pour qu'il évite la faillite et reste au sein de la zone euro. En-dehors du Pasok et de la Nouvelle Démocratie, les programmes de l'ensemble des autres partis, qui ont donc une majorité au Parlement, passent au mieux par la renégociation des accords avec l'Union européenne et, au pire, la sortie de la zone Euro.

Les petits partis gagnants des élections

Les grands gagnants de ces élections sont les petits partis. Ce scrutin, dominé par la contestation des mesures d'austérites, permet à la gauche radicale Syriza de devenir la deuxième force politique du pays avec 16,3% des voix. Dans son premier discours, Alexis Tsipras, leader du parti Syriza, s'est adressé avant tout à l'Allemagne:

«Les Grecs sont dignes, ils n'ont pas à être humiliés par la rigueur, ils ne veulent plus de l'austérité.»

La Grèce est dans sa cinquième année de récession. Un travailleur sur cinq est au chômage, les banques sont dans une situations précaire, les retraites et les salaires ont été réduits jusqu'à 40%.

Quant au parti communiste le KKE, il progresse et représente 8,5% des suffrages.

Enfin, d'après l'AFP, pour la première fois, depuis la fin de la Dictature des colonels en 1974, le parti néo-nazi Chryssi Avghi (Aube Dorée), entre au parlement, avec 7% des voix, ce qui en fait le sixième plus grand parti avec 25 sièges. Ce parti plafonnait encore à 0,29% aux dernières législatives de 2009. Le dirigeant du parti, Nikos Mihaloliakos, a affirmé dimanche soir que son parti allait lutter contre «l'esclavage» imposé par les pays de l'Union européenne en échange de leur aide financière.

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