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Le dernier réacteur nucléaire japonais a fermé

Temps de lecture : 2 min

- Une manifestante antinucléaire devant les locaux de Tepco, à Tokyo, en avril 2011. REUTERS/Yuriko Nakao -
- Une manifestante antinucléaire devant les locaux de Tepco, à Tokyo, en avril 2011. REUTERS/Yuriko Nakao -

Ce samedi 5 mai, quand un des trois réacteurs de l'usine de Tomari à Hokkaido sera arrêté pour maintenance, le Japon aura débranché son dernier réacteur nucléaire encore en activité. Pour la première fois depuis 1966, l’archipel ne pourra plus compter sur un apport en énergie nucléaire.

Comme le rappelle le Washington Post, un tiers de la fourniture énergétique du pays était produite par cette filière, avant l’accident à l’usine de Fukushima Daiichi l’an dernier. Depuis, le gouvernement souhaite remettre en activité les réacteurs mais il se heurte aux autorités locales, et la crainte des habitants de vivre à l’ombre d’une industrie qui n’a pas su rassurer et convaincre qu’il n’y avait aucun risque.

Même si les centrales nucléaires sont construites dans des zones rurales, elles ne sont jamais très loin d’une grande ville. Ce pays très dense, où l’espace vital est un enjeu, reste sous la menace permanente d’un nouveau tremblement de terre majeur et d’un tsunami dévastateur. Dans ces conditions, rappelait Michel Albergati sur Slate.fr il y a quelques semaines, comment accepter d’ajouter volontairement une menace à celles que la nature fait, depuis toujours, peser sur le pays?

Pour ce qui est du danger nucléaire, les Japonais répondent à cette question sans même recourir à un grand débat national, ni même à des décisions politiques officielles. Ils exploitent une loi particulière qui soumet le démarrage des réacteurs nucléaires à la décision du gouverneur de la province dans laquelle ils sont construits.

17 des 54 réacteurs nucléaires du pays en opération avant le 11 mars 2011 ont été endommagées ou forcées à fermer après le séisme de l’an dernier et le tsunami. Résultat, le Japon a dû augmenter ses importations énergétiques pour éviter de se retrouver en panne sèche, explique la BBC.

L’arrivée de l’été, et les craintes de coupures électriques qui l’accompagne — en raison de la forte demande en climatisation, le pic de consommation de l’année pourrait dépasser de 10% la puissance disponible, pourraient conduire à la remise en marche de deux réacteurs.

Jusqu’à preuve du contraire, le Japon est donc en train de sortir du nucléaire sans le dire. Un exemple qui va certainement, ou qui devrait, peser sur les politiques de l’ensemble de pays utilisant cette énergie.

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